Les gendarmes ont le sentiment, selon cet officier, que le chef de l’Etat les prend pour «des bouseux», des «sous-flics», même pas des militaires. Et la venue hier de Nicolas Sarkozy à Issy-les-Moulineaux pour inaugurer le nouveau siège de la direction de la gendarmerie ne suffira pas à réconcilier les forces en présence. Lors de ses vœux aux armées, le 3 janvier, sur la base navale de Lanvéoc-Poulmic (Finistère), le chef de l’Etat avait carrément «oublié» les 95 000 gendarmes, qui l’ont mauvaise : «En trente-cinq minutes de discours, le Président ne nous a pas cités une seule fois alors que nous représentons le deuxième corps derrière l’armée de terre», déplore un autre gradé. Les chasseurs alpins ont eu droit aux encouragements de Sarkozy, mais pas un mot n’a été prononcé pour les gendarmes engagés en Afghanistan.
«Expulser». Les pandores n’ont pas oublié que l’un des premiers actes du président de la République en 2007, a été de «renvoyer les gendarmes, de les expulser de l’Elysée», rappelle un militaire. Sarkozy n’a pris que des policiers pour sa garde rapprochée, alors que sous Chirac et sous le second mandat de Mitterrand, le Groupe de sécurité de la présidence de la République était composé à «50-50» de policiers et de gendarmes. Certes, l’ex-maire de Neuilly-sur-Seine est un «élu urbain» qui n’a côtoyé que la police, et les flics d’élite du Raid lors de la prise en otage d’une maternelle en 1993. «Il ne connaît pas les gendarmes ni leur travail au contact de la population dans les zones rurales», explique un colonel.
En 2009, le rattachement de la gendarmerie au ministère de l’Intérieur pour les missions de sécurité a accentué le malaise, «les frictions et les incompréhensions». Ce «rapprochement», opéré pour supprimer «les doublons» et harmoniser les deux forces de sécurité, a été salué hier par Nicolas Sarkozy, qui en a profité pour vanter son bilan : «En dix ans, grâce à votre travail, policiers et gendarmes, le nombre de personnes mises en cause a (...) Lire la suite sur Liberation.fr
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