Depuis 2006, l’enseignement supérieur et la recherche français sont entrés dans une ère de profondes transformations. Les réformes engagées ont pour objectif d’aligner le système français sur certains standards et formats internationaux (par exemple, rapprocher universités et grandes écoles pour atténuer l’exception française que ces dernières représentent ; augmenter la visibilité des établissements dans un contexte de compétition internationale) ; de promouvoir le pilotage stratégique d’établissements d’enseignement supérieur plus autonomes ; de renforcer la recherche et l’innovation pour placer l’enseignement supérieur au cœur de « l’économie de la connaissance » promue par la stratégie européenne de Lisbonne de 2000.
Ces réformes ont provoqué un vaste mouvement d’opposition en 2009. Elles ont suscité, et suscitent toujours, des débats passionnés parmi les acteurs de l’enseignement supérieur et de la recherche. Ceux-ci n’ont pas manqué de souligner le rythme effréné des changements, leurs ambiguïtés voire les contradictions, leurs effets pervers au-delà de possibles bonnes intentions.
Les prochains débats électoraux aborderont sans doute les principaux points d’achoppement des réformes, et en particulier leur caractère antinomique avec les objectifs affichés d’autonomie et de responsabilité. Citons ici leur caractère jacobin et bureaucratique (qui transparait notamment dans la promulgation de la Loi relative aux libertés et responsabilités des universités – loi dite LRU du 10 août 2007 – ; dans l’organisation et le fonctionnement de l’Agence Nationale pour la Recherche créée en 2005 ; ou encore dans les appels d’offres compétitifs du programme Investissements d’avenir lancé en 2011) ; les défauts du nouveau système de gouvernance universitaire (notamment, les dérives présidentialistes de la LRU) ; enfin le manque de moyens, voire les difficultés financières, d’établissements dont les missions se multiplient.
Espérons aussi qu’émergent des propositions sur (...) Lire la suite sur Liberation.fr
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