Troisième homme de la primaire, le ministre du Redressement productif cherche comment asseoir son influence.
Sous le feu des plans sociaux, Arnaud Montebourg est l’un des ministres les plus en vue de ce début de quinquennat. PSA, Doux, opérateurs télécoms, etc. : le ministre du Redressement productif est attendu sur de nombreux fronts. Quitte à délaisser celui qu’il a un temps privilégié : le Parti socialiste. Que pèse-t-il au sein de la formation dirigée par Martine Aubry ? Compte-t-il s’y investir, à quelques semaines du congrès de Toulouse, fin octobre ? Ou, comme souvent, éprouve-t-il des difficultés à mener sur ce terrain une action continue ?
«Hussards». C’était le 4 février. Juché sur une estrade de la salle de spectacle La Bellevilloise, dans le XXe arrondissement de Paris, Arnaud Montebourg y allait de ses tirades lyriques : «C’est le mouvement du sursaut […] Il y a besoin que nous soyons les hussards de la renaissance.» Devant 800 personnes, le troisième homme de la primaire à gauche lançait son association, au nom emprunté à un poème de Louis Aragon : la Rose et le Réséda. «Il ne s’agit pas d’un énième parti politique, d’un énième courant, d’une énième chapelle», insistait-il. Il s’agissait de prolonger l’élan qui l’avait porté à 17% en octobre. Capitaliser sur les plus de 450 000 voix récoltées et ses nombreux «volontaires du changement» au badge rose «AM».
Montebourg entendait-il surmonter l’une de ses plus grandes faiblesses politiques : l’absence de structure politique solide ? Rose-Réséda devait être un «mouvement culturel, sociétal, pour faire progresser» les «idées dans la société». Finis les «appareils» et «partis politiques», «indécrottablement à côté de leurs pompes» : «Après les primaires, la politique se fera en dehors des partis.»
Six mois plus tard, il ne reste pas grand-chose. La Bellevilloise reste la seule réunion publique nationale organisée. Certes, la campagne présidentielle a accaparé tout le temps militant et Montebourg ne peut plus se (...)
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