En mars 2010, lorsque la mère d'Andreï Jouk a apporté comme d'habitude l'un de ses colis à la prison de Minsk, on ne l'a pas laissée entrer. Son fils « avait été transféré », a-t-elle appris de la part de responsables. Elle ne devait plus venir lui rendre visite, mais simplement attendre la notification du tribunal. Trois jours plus tard, elle a été informée par le personnel pénitentiaire que son fils et un autre homme, Vassily Youzeptchouk, compagnons de cellule attendant dans l'antichambre de la mort pour des meurtres distincts, avaient été fusillés. Les autorités ont refusé de lui restituer la dépouille et les affaires de son fils, et même de dévoiler où il avait été inhumé. Le choc. Son mari a eu une crise cardiaque en apprenant la nouvelle.
Ces exécutions étaient les premières au Bélarus – dernier pays à procéder à des exécutions en Europe et dans l'ex-Union soviétique – depuis plus d'un an. Elles offraient un contraste saisissant et inquiétant avec l'irrésistible montée de l'opinion au niveau international qui s'est traduite par l'allongement de la liste des pays ayant aboli la peine de mort en droit ou dans la pratique.
Toutefois, si une éclatante majorité de pays du globe ont cessé d'exécuter des condamnés, certains, à l'instar du Bélarus, se montrent plus que récalcitrants. Ils invoquent pour se justifier les mandats confiés par le peuple, l'argument de la dissuasion ou des principes religieux, politiques et culturels. Quel que soit leur raisonnement, ils sont à l'origine de milliers de morts chaque année par l'entremise de ce châtiment des plus cruels et inhumains.
En 1977, lorsque Amnesty International a lancé sa Campagne mondiale contre la peine de mort, ce châtiment avait été aboli dans 16 États seulement. Aujourd'hui, comme le montre le rapport annuel de l'organisation sur le sujet, Condamnations à mort et exécutions recensées en 2010, près d'une centaine de pays ont (...) ... Lire la suite sur agoravox.fr
La Laïcité menacée : Aubry, Fabius et Ramadan, même combat ?


