On efface tout et on refait pareil, comme en 2007. Voici donc Rachida Dati qui s’avance sur la scène du Grand Palais de Lille. Dans la salle comble - près de 10 000 participants -, beaucoup n’en croient pas leurs yeux. L’icône de la dernière campagne est là, devant eux, celle-là même qui, depuis des mois, explique à qui veut l’entendre que le Premier ministre, qui se présente dans son fief parisien, est un homme sans courage. «Il faut bien se rassembler : pour gagner, on doit tout pardonner», se résigne, un peu amer, un militant UMP de Roubaix (Nord). Le pardon, il aimerait bien qu’il s’applique aussi au député homophobe Christian Vanneste, qui a dit «des choses exactes, mais ce n’était pas le moment de le dire».
Slogan. Cette réhabilitation spectaculaire de Rachida-la-Scandaleuse ne risque-t-elle pas de troubler les bons soldats de la droite ? «En campagne, tout est possible, on en a vu d’autres», philosophe un dirigeant de l’UMP qui rappelle qu’en avril 2007 Sarkozy avait été capable de faire monter à la tribune de son meeting de Dijon le transfuge du PS Eric Besson.
Rassemblement oblige, c’est sous les acclamations que Rachida Dati ressert le slogan victorieux d’il y a cinq ans, parlant d’une «France forte où tout doit rester possible, quelles que soient votre condition ou votre origine».«Ici on n’a pas peur, la France forte c’est vous ! Je vous ressemble !» s’est emballée la maire du VIIe, sans négliger de proclamer que «le temps est venu de mettre fin aux 35 heures», figure obligée dans le fief de Martine Aubry.
Plus que jamais «candidat du peuple», c’est à bord d’un TGV que Sarkozy a choisi de monter vers le Nord. Outre Dati, il est accompagné de Xavier Bertrand, l’autre porte-parole de 2007, et de celle de 2012, Nathalie Kosciusko-Morizet. Première étape, c’est au centre de formation des apprentis de Tourcoing que Nicolas Sarkozy a déroulé ses propositions dévoilées la veille sur France 2. Oui au travail et non à l’assistanat, coup de pouce aux bas (...) Lire la suite sur Liberation.fr
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