La cour d'assises des Hauts-de-Seine s'est davantage consacrée mardi à étayer l'innocence de Marc Machin - condamné pour le meurtre de Marie-Agnès Bedot en 2001 au Pont de Neuilly puis libéré après les aveux de David Sagno - qu'à prouver l'éventuelle culpabilité de ce dernier.
David Sagno a fermé les yeux lorsque Marc Machin, l'homme qui a purgé près de sept ans pour ce meurtre, a tenté d'expliquer les raisons qui l'ont poussé à avouer avant de se rétracter.
«J'étais dans l'incapacité de prouver mon innocence. Je tremblais comme une feuille, je n'avais que 19 ans», raconte très ému Marc Machin, entendu comme témoin. «J'étais très jeune, très immature, très sensible. Je ne savais pas ce que ça allait impliquer», confesse-t-il.
Marc Machin revient alors sur son interrogatoire par un policier de la brigade criminelle, Jean-Claude Mulès, affirmant avoir cédé à «son chantage» pour avouer le meurtre.
«Il m'a pris à part, m'a offert un chocolat chaud, un paquet de cigarettes et il m'a dit "vas-y soulage ta conscience". Il m'a dit: "tu es un fils de gardien de la paix, on sait que tu ne voulais pas tuer cette dame, on va essayer de faire passer ça pour un homicide involontaire et on te pistonnera pour la Légion étrangère, tu ne feras que cinq ou six ans de prison"», raconte Marc Machin.
Selon lui, les policiers lui ont montré des photos de la scène du crime, lui permettant d'injecter des éléments crédibles dans ses aveux.
«Je pensais que j'allais être remis en liberté après les expertises ADN, j'ai raconté une histoire invraisemblable, montée de toutes pièces, je me suis dit qu'ils verraient forcément les incohérences», insiste Marc Machin, s'en prenant à «la crème des enquêteurs».
Grâce aux aveux tardifs de David Sagno et à des vérifications génétiques, Marc Machin avait bénéficié d'une remise en liberté en avril 2010 par la Cour de révision, qui avait (...) Lire la suite sur Liberation.fr
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