La petite-fille du fondateur du FN, candidate à Carpentras, se défend d’être une marionnette.
Dans la 3e circonscription du Vaucluse, Marion Maréchal-Le Pen, candidate aux législatives, se sent investie d’une mission. A Carpentras, la lepéniste de troisième génération veut «laver l’affront» fait à Jean-Marie Le Pen, son grand-père. En mai 1990, le cimetière juif de cette ville est profané. Pierre Joxe, ministre de l’Intérieur de l’époque, déclare alors que les responsables de cet acte sont «le racisme, l’antisémitisme et l’intolérance». Tous les regards se tournent vers le FN, dédouané dans cette affaire en 1996. «Je n’ai pas vécu personnellement cette période mais j’en ai subi des conséquences personnelles car le nom de mon grand-père a été sali», a-t-elle déclaré le 11 mai.
La fille de Yann Le Pen, la cadette, et de Samuel Maréchal, ex-dirigeant du FN de la Jeunesse, a décroché une circonscription en or. Marine Le Pen y a réalisé son record national à la présidentielle, avec 31,5% des voix. Une circonscription gagnable, donc. Certains au FN ne manquent d’ailleurs pas de s’étonner «qu’on l’ait confiée à une candidate si peu expérimentée. Le nom n’assure pas de la victoire», lance un cadre du FN, un peu exaspéré. Marion Maréchal-Le Pen, 22 ans et étudiante en droit à Paris à Panthéon-Assas, se défend : «Je ne débute pas réellement en politique, car j’ai été candidate aux municipales à Saint-Cloud et aux régionales en 2010, où j’étais 2e de liste dans les Yvelines.» Elle estime «disposer d’une certaine légitimité à être candidate. Je ne suis pas coachée par ma famille, je ne suis pas la marionnette de mon grand-père, contrairement à ce qu’a pu dire le député UMP sortant». Son responsable de la communication prévient : «On veut bien que vous la suiviez en campagne sur le terrain, à condition qu’il n’y ait pas le mot népotisme toutes les trois lignes.»
Jean-Marie Le Pen, lui, savoure une revanche anticipée sur l’affaire de Carpentras, «une manipulation ignoble. Si (...)
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