art contemporain. La biennale itinérante, installée en pays minier belge jusqu’au 30 septembre, met en scène l’exploitation du charbon, les grèves et la politique postindustrielle.
C’est le Nord, mais à l’Est. Les maisons d’ouvriers se concatènent sous la bruine. De l’autre côté de la route, les anciens manoirs des ingénieurs. On est en pays minier belge, dans les Flandres, à une heure et quart de Bruxelles (auto, train). Seule différence avec la France : les panneaux publicitaires sont plantés dans les jardins et non sur les trottoirs.
Manifesta 9 est à Genk pour la première et la dernière fois, vu que cette biennale d’art contemporain est itinérante et que l’ancien site des Charbonnages André Dumont qui l’abrite, sera ensuite reconverti en complexe culturo-techno-vert.
Wagon. Contrairement aux autres éditions de Manifesta, celle-ci évite la dispersion (quatorze lieux en 2010 à Murcie en Espagne) et rassemble ses forces en un seul bâtiment, les trois niveaux d’un immeuble art déco en ruine : ne pas manquer le bureau du directeur, où l’artiste équatorien Kuai Shen a installé une fourmilière en tube, image de la production et de ses rébellions - car il existe des fourmis dissidentes. Hedwig Fijen, qui dirige cette biennale made in Hollande, a choisi le projet «historiciste» du commissaire mexicain Cuauhtémoc Medina (naguère chargé de l’art sud-américain à la Tate Modern). C’est du coup la première fois que Manifesta n’est pas entièrement consacrée aux découvertes très récentes, et se paye deux couches de mise en perspective. C’est légitime, puisque la particularité de la manifestation est de s’enraciner dans la région européenne choisie.
On a donc d’abord une section patrimoniale et une autre plus culturaliste. Dans la première, réfrigérée à souhait pour cause de prêt précieux d’œuvres, on découvre les mystères du paysagisme carbonifère (car les arbres ne sont pas les mêmes qu’ailleurs), les montages photos hallucinés d’Olivier Berrière (1869-1950), qui empile les (...)
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