Des chefs d’Etat boycottent l’Euro de foot en Ukraine pour dénoncer la dérive autoritaire de Ianoukovitch.
Des centaines de personnes ont manifesté mardi aux environs de la place centrale de Kiev, aménagée en zone réservée aux amateurs de football pour l’Euro 2012 organisé par l’Ukraine et la Pologne (lire page 20 et 21). Pas pour célébrer le coup d’envoi, aujourd’hui, de la compétition, mais pour protester contre une loi qui revient à faire du russe la deuxième langue officielle du pays. Huit ans après la révolution orange qui avait chassé l’ancien régime corrompu, l’Ukraine n’en finit plus de revenir en arrière sous la houlette du président Viktor Ianoukovitch. Elu en 2010 par une population désenchantée par les promesses non tenues des «Oranges», Ianoukovitch poursuit de sa vengeance les opposants, dont l’ex-Première ministre Ioulia Timochenko, en prison comme plusieurs de ses anciens collaborateurs.
Ex-république soviétique peuplée de 45 millions d’habitants, coincée entre l’Union européenne et la Russie, l’Ukraine avait dû à son effervescence démocratique d’être retenue en 2007 pour organiser, avec la Pologne voisine, le championnat d’Europe de football. Cinq ans plus tard, les Oranges balayés, les principaux Etats de l’Union européenne, qui avaient voulu récompenser Kiev, ont pris leurs distances. Les Vingt-Sept ont mis en sommeil l’accord d’association signé avec l’Ukraine le 30 mars, dont la ratification est conditionnée au «respect de l’Etat de droit». Comprendre : à l’évolution du dossier Timochenko. Ces dernières semaines, les menaces de boycott de l’Euro de football se sont multipliées. Le président français, François Hollande, n’assistera pas à l’événement, tout comme la chancelière allemande, Angela Merkel, et de nombreux diplomates de l’UE qui exigent la libération de l’ancienne Première ministre.
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