Enchevêtrement de ruelles où les maisons poussent les unes sur les autres, entrelacs de câbles électriques, nuées de gosses... Il faut s’accrocher pour suivre Maria Teresa Leal dans le dédale de la favela ! L’énergique quinquagénaire pousse finalement une grille et pénètre dans une pièce étouffante. Elle se précipite pour ouvrir la fenêtre, qui offre une vue spectaculaire sur le quartier : la Rocinha, la plus grande favela d’Amérique latine. Combien d’habitants, combien de maisons ? Nul ne le sait vraiment. La ville de Rio avance 180.000 personnes ; des Brésiliens souvent venus du Nord, sans un real en poche.
Appelez-la Tete
A la Rocinha, tout le monde l’appelle Tete. Plus simple que son vrai nom, Maria Teresa Leal, celui d’une femme de bonne famille, née à Leblon, un quartier chic qui jouxte Ipanema. Et plus conforme au rôle qu'elle joue dans la favela. Arrivée au début des années 80, elle y a créé la coopérative Coopa-Roca. Son œuvre, son enfant, sa fierté. Une manière, pour cette forte-tête qui est à la fois éducatrice artistique et sociologue, de concilier ses deux passions.
Tout a commencé avec des chutes de tissu, apportées pour les enfants pour qu'ils en fassent quelque chose. Indignation. Les mères les ont réclamées pour elles ! La seule condition pour rejoindre Coopa-Roca, c'est le savoir-faire. Une des choses les mieux partagées dans le secteur. Dans la favela, chaque famille arrive avec ses références culturelles, ses techniques spécifiques. Ici, les femmes brodent. Là, c’est plutôt le crochet. De seize au départ, ces brésiliennes sont aujourd’hui 80 à travailler à la (...)
Lire la suite sur Le Nouvel ObservateurMême une favela peut changer
La "felicitade" est dans la poubelle
Un seul geste suffit



