Le candidat du Front de gauche est le favori des sondages. Mais il lui faut d’abord gagner la primaire à gauche, en mobilisant au premier tour la base de l’électorat communiste, sans heurter par son passé socialiste et son statut de star.
L’enjeu
C’est sa bataille la plus risquée en quarante ans de carrière. La plus symbolique aussi. Jean-Luc Mélenchon avait fait de Marine Le Pen son adversaire à la présidentielle, avec l’objectif de passer devant elle pour faire sauter le «verrou du vote utile». Las, avec 11,1%, il a fini loin derrière elle et ses 17,9%.
Revanchard, Mélenchon ? Il jure que non : «C’est une bataille électorale, pas personnelle», dit-il. Reste que Hénin-Beaumont lui offre un champ de manœuvre idéal dans sa stratégie d’«autonomie conquérante» à la gauche du PS. S’il l’emporte le 17 juin, il aura réussi à la fois à incarner la relève à gauche dans un département où le PS est embourbé dans les affaires et les petits arrangements entre amis, à faire gagner un siège de député à son camp et, surtout, à s’octroyer la médaille de celui qui a fait barrage à Le Pen.
En revanche, s’il trébuche, il restera dans l’histoire comme le premier à perdre contre Marine Le Pen dans une élection, la laissant entrer à l’Assemblée. La tache sur le costume serait indélébile. Mais il a toutes ses chances : donné en deuxième position au premier tour dans un sondage Ifop-Fiducial pour le JDD, Mélenchon arrive gagnant au second, qu’il soit en duel face à Le Pen (55% contre 45%) ou en triangulaire.
Les forces
Lorsqu’il lance ses offensives, le coprésident du Parti de gauche aime surprendre. En annonçant au dernier moment qu’il choisissait Hénin-Beaumont, il a pris de court la classe politique et les observateurs. Mais il n’a pas non plus pris de gros risques : si Le Pen a fait 31% dans cette circonscription, Hollande y a dépassé le 6 mai la barre des 60%…
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