PARIS (AP) — Après trois films consacrés à l'univers des "flics", Olivier Marchal se penche sur celui des "voyous" dans "Les Lyonnais", qui sort mercredi sur les écrans français. L'ex-policier devenu réalisateur raconte, avec un mélange de fiction et événements vécus, l'itinéraire du gang des Lyonnais, en s'inspirant d'un ouvrage écrit par un des membres du groupe. Efficace.
C'est à la suite d'un simple vol de cerises que débute le parcours de hors-la-loi d'Edmond Vidal, dit Momon, issu d'une famille de gitans, et de son ami Serge Suttel. Incarcérés, les deux hommes vont faire en prison des rencontres qui vont les entraîner dans l'engrenage de la délinquance et du grand banditisme. Ils connaîtront leur heure de gloire au début des années 70, avant d'être arrêtés en 1974.
Réalisateur de "Gangsters", "36, quai des Orfèvres" et "MR73", Olivier Marchal a voulu rester au plus près de la réalité en s'appuyant dans son nouveau film sur le récit d'Edmond Vidal, un ancien membre du gang. C'est d'ailleurs ce dernier qui avait pensé à Olivier Marchal pour réaliser un film sur sa vie. Coïncidence: au début des années 80, le premier patron de l'ex-flic était le commissaire Richard, qui avait contribué en 1974 au démantèlement du gang des Lyonnais.
"Momon a toujours été un peu à part. C'était un voyou de la vieille école, qui croyait à la parole donnée, qui n'avait pas de sang sur les mains...", raconte Olivier Marchal. "Il n'est pas comme la plupart des anciens gangsters dans l'exubérance, dans la glorification de ses actes. Il est au contraire d'une grande humilité par rapport à ça. C'est l'anti-Mesrine de ce point de vue-là."
Bref, les deux hommes se sont rencontrés, longuement, et "Momon" a finalement assisté à tout le tournage, mettant sans doute une certaine pression sur les acteurs, mais aussi en étant le garant de la véracité de certaines scènes qui ont été tournées, comme l'intervention policière dans un camp de gitans.
Si Olivier Marchal a collé à la réalité pour la partie de son film qui se déroule dans les années 70, il a en revanche pris une grande liberté pour celle qui se passe aujourd'hui, ce qui n'a pas posé de problème à Momon.
Car le réalisateur a fait le choix d'alterner des scènes entre ces deux époques pour montrer qu'un gangster, même rangé, doit toujours faire face à son passé, un jour ou l'autre. Les mêmes personnages sont interprétés par des acteurs différents, ce qui est un peu perturbant au départ. Mais on s'y habitue assez vite, et il aurait été difficile de faire jouer aux mêmes acteurs leurs personnages en 1974 et aujourd'hui.
Ainsi, c'est Dimitri Storoge qui joue Momon jeune, et Gérard Lanvin qui l'incarne une trentaine d'années plus tard. Détail intéressant, Gérard Lanvin -qui a rencontré Olivier Marchal sur le tournage du "Fils à Jo"- avait déjà interprété Edmond Vidal pour la télévision, dans "La traque" de Philippe Lefevbre... il y a 30 ans. "Ce sont les clins d'oeil du hasard ou... du destin!", s'amuse l'acteur, qui s'est fait pousser la barbe pour reprendre ce rôle. Il est entouré notamment par Tchéky Karyo, Daniel Duval, Patrick Catalifo, François Levantal, Francis Renaud, Valeria Cavalli, Olivier Rabourdin et Etienne Chicot.
La distribution est convaincante, même si on a parfois du mal à voir Gérard Lanvin en ancien gangster qui peut avoir des excès de violence, et le scénario, bien ficelé, réserve des surprises bienvenues. Olivier Marchal ne fait pas des "Lyonnais" des héros, mais il sait montrer leur côté humain, tout comme la violence dont ils font parfois preuve, et ne tombe jamais dans la manichéisme. AP
pyr/sb



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