La sortie du ministre de la Défense, qualifiant Marine Le Pen d'«interlocuteur» dans l'hebdomadaire d'extrême droite n'est pas une première.
Qu'a dit Gérard Longuet ?
Draguer les électeurs de Marine Le Pen en rejetant toute alliance avec le FN et ses dirigeants. Telle est la ligne de crête sur laquelle naviguent à vue le candidat Sarkozy et les siens dans cette campagne. En assurant dans une interview à Minute (en kiosque demain) qu’il y a «une différence notable» entre Marine Le Pen et son père, et, surtout, que la leader frontiste pourra désormais être un «interlocuteur» de l’UMP, Gérard Longuet est sorti des clous et a suscité une vive polémique. Jusque dans son camp. Parce que, selon lui, la candidate FN ne «souffre pas» du penchant de son père pour les «provocations», «il sera désormais possible de parler de sujets difficiles avec un interlocuteur qui n’est pas bienveillant mais qui, au moins, n’est pas disqualifié». Et l’actuel ministre de la Défense de rendre hommage au score «très respectable» de Marine Le Pen au premier tour, avant d’appeler tous les «patriotes» à «faire bloc» contre François Hollande. Interrogé sur son choix en cas de duel gauche/FN au second tour des législatives, Longuet a lâché : «Vous imaginez bien que je ne peux pas voter pour la gauche socialo-communiste» qui «mène à l'échec» et qu’il «combat depuis [ses] plus jeunes années».
Ces déclarations sont-elles surprenantes ?
Rien d'étonnant, à première vue, dans la bouche d’un des fondateurs, dans les années 60, du groupuscule d’extrême droite Occident, connu pour ses affrontements avec l'extrême gauche et auquel Alain Madelin et Patrick Devedjian appartenaient aussi. Ces déclarations sont toutefois plus surprenantes dans la bouche d’un responsable de l’UMP qui ne fait pas partie des partisans d’une course folle derrière les voix du FN. Lors de la grand-messe des centristes de l’UMP, vendredi dernier au Mans, Longuet était ainsi au premier rang pour écouter (...)
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