Avec la numérisation et la mise en ligne des archives de l’Association for Cultural Equity, c’est une nouvelle ère qui s’ouvre pour la musique. Véritable institution, cette firme créée par John Lomax et son fils, Alan, a participé à la sauvegarde et la transmission d’une immense partie de cet héritage que constitue le blues.
Pénitenciers. C’est en 1910 que le père fonda la Texas Folklore Society, qui s’intéressait aux negro spirituals et à ce qui deviendra plus tard la musique populaire noire-américaine. Chargé de mission par la Bibliothèque du Congrès, il partit faire la tournée des pénitenciers et des exploitations agricoles dans les zones les plus reculées du Sud, une console d’enregistrement portative dans ses bagages, réalisant un des plus grands travaux d’archivage sonore jamais entrepris, dont résulteront 17 000 morceaux de musique, 5 000 heures d’enregistrements, 400 000 mètres de pellicule, 3 000 vidéos, 5 000 photographies et des piles de manuscrits.
L’apport des Lomax - père et fils - dépasse largement la simple somme documentaire. Iron Head ou Lead Belly, dont les performances eurent lieu derrière les barreaux, illustrent bien cette utopie : quand il enregistrait des prison songs avec son père, Alan Lomax rêvait d’un juke-box géant pour stocker toute cette musique. A partir du milieu des années 30, Alan Lomax devient le premier à enregistrer Muddy Waters, Woody Guthrie et Fred McDowell.
Hommage. Par la suite, des géants comme Bob Dylan ou les Rolling Stones ne cesseront de lui rendre hommage jusqu’à sa mort, et ce dernier projet de mise en ligne de ses archives lui est dédié.
«Black Betty n’est pas une autre Frankie, ni encore une femme à deux temps grâce à laquelle l’homme peut gémir son blues. Elle est le fouet qui a été et est utilisé dans certaines prisons du Sud. Un condamné de la Ferme d’Etat Darrington du Texas […] se moqua de Black Betty et imita sa conversation dans la chanson suivante.» Alan Lomax raconte ainsi l’origine de la chanson (...) Lire la suite sur Liberation.fr
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