Les défenseurs de l'environnement appellent Dilma Rousseff à utiliser son veto à texte ouvrant la voie à davantage de déforestation.
Dilma Rousseff va-t-elle sacrifier la forêt brésilienne à l'expansion agricole ? C'est peu ou prou en ces termes que se présente le dilemme posé à la présidente brésilienne. Elle a jusqu'à ce vendredi pour poser son veto à une loi, passée il y a un mois au Parlement brésilien, qui ouvre la voie à davantage de déforestation.
Le texte, adopté par les députés le 25 avril, modifie le code forestier de 1965. L’ancien texte obligeait les propriétaires terriens à conserver intacte une partie des forêts, jusqu'à 80% dans certains Etats comme l'Amazonas, et à reboiser certaines parcelles. Etaient en particulier protégées les zones proches des fleuves, les sommets et les coteaux des collines, dont le boisement est essentiel pour contrer l'érosion. Contraignant, le code actuel est en réalité peu appliqué, nuance Sébastien Marchand, chercheur en économie du développement et de l'environnement à l'université fédérale de Viçosa : «L’obligation de replanter les arbres pour certains fermiers (essentiellement les plus petits, ceux qui défrichent le plus !) n’est pas appliquée. Aujourd’hui, la lutte porte sur la protection des zones vierges et non pas sur l’obligation de reboiser les zones défrichées.»
Que change la nouvelle législation ? D'abord, elle réduit la surface de ces zones dites de protection permanente (rives, pentes). Autrement dit, les fermiers pourront y défricher pour étendre leur exploitation plus près des cours d'eau (jusqu'à 15 mètres, contre 30 auparavant). «On estime à plus de 70 millions d'hectares la surface qui deviendrait alors ouverte à la conversion agricole», chiffre Jean-Baptiste Roelens, chargé du programme Forêts tropicales et Climat chez WWF France.
Ensuite, la réforme amnistie les auteurs de coupes illégales d’arbres. Enfin, elle autorise l’installation de fermes dans les (...)
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