Mitt Romney a dénoncé lundi dans un discours la «passivité» de la politique étrangère de son rival Barack Obama. Mais le bilan du président démocrate ne lui fera pas perdre de points, estime Justin Vaïsse, historien spécialiste des Etats-Unis et directeur de recherche à la Brookings Institute, qui publie jeudi 11 octobre «Barack Obama et sa politique étrangère» aux éditions Odile Jacob.
Un changement dans le programme de politique étrangère annoncé aujourd’hui par Mitt Romney ?Non, il n’y a aucun changement, Romney maintient toujours le cap vers le néoconversatisme à pleine vapeur, il n’y a pas eu d’inflexion. Alors que lors du débat de jeudi, il y a eu un changement partiel puisque Romney est apparu plus modéré. C’est le travail de tout candidat : aux primaires, on va vers la base alors qu’après, lors de la campagne nationale, on se recentre. C’est ce à quoi on a assisté jeudi dernier sur les questions nationales, quand Romney avait jugé que la régulation par l’Etat était nécessaire, essayant de se défaire de son image d’extrêmiste. Sur les questions de politique étrangère, il est resté sur sa ligne d’attaque, dépeignant Obama comme faible et mou. Au lieu de se recentrer, il a jugé qu’il était plus rentable par rapport aux électeurs américains de se montrer ferme.
Justement, la politique étrangère est-elle un thème de campagne déterminant dans l’opinion publique américaine, qui peut faire perdre ou gagner des voix aux deux candidats ?En général non, ce n’est pas un thème qui pèse pour les électeurs, même si c’est arrivé au cours de quelques élections, en 2004 par exemple où la guerre contre le terrorisme était un enjeu important. On peut perdre des points sur la politique étrangère, en étant considéré comme trop mou : c’était le cas de George McGovern, candidat démocrate en 1972, jugé trop faible sur la question de la guerre du Vietnam. Avec ce thème, on peut rarement gagner des points, on peut surtout en perdre. Et puis c’est un domaine qui déteint sur les (...)
Lire la suite sur Liberation.frPolitique étrangère : ce qui divise Obama et Romney
Politique étrangère : ce qui divise Obama et Romney
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