Entre les arts de la scène, la chanson, l’humour, le théâtre, les arts du cirque, la danse, la littérature, le cinéma et la télévision, les créateurs ou artistes de ce monde ne manquent pas de plates-formes pour s’exprimer. Mais…point de salut si on ne maîtrise pas l’art du tapis rouge.
Non, mais à quoi bon prendre du temps pour écrire des chansons, concocter un spectacle personnel ou lire les dossiers des recherchistes dans notre show de variétés si on peut faire parler de soi en foulant le tapis rouge de la première de quelqu’un d’autre?
On l’a bien vu dimanche soir, au Centre Bell lors de la première de Michael Jackson: The Immortal World Tour, dernière méga création du Cirque du Soleil, quand nos personnalités publiques se sont mêlées, sur le tapis, au défilé de la famille Jackson, Tito, Marlon, Jackie et la mère Katherine, les trois enfants du Roi de la Pop, Prince Michael, Paris et Blanket. Sans oublier Guy Laliberté et son équipe.
Ces personnes ont-elles déjà fait la musique d’un spectacle du Cirque? Été acrobates? Joué l’infirmière des enfants de Michael Jackson? Peut-être que d’avoir été influencé un jour par la musique de l’icône de la musique pop était suffisant pour justifier un passage sur le tapis et en jaser avec les journalistes, avant ledit spectacle.
J’en conclus que toutes les célébrités québécoises qui sont restées en retrait du «tapis» avaient honte de dire qu’elles n’avaient jamais appris la chorégraphie de Thriller par coeur. Avouons que c’est gênant quand on vient assister à un spectacle de Michael Jackson. J’ironise là…
Québec, ce n’est pas Hollywood et bien entendu qu’il faut se donner des airs de la place pour donner du gaz à notre autobus du show-business. Mais, haro sur les tapis rouges !
Quand une attachée de presse appelle un journaliste pour lui vendre son événement et que le journaliste lui dit «Attends, ne me dis pas…chose, chose et chose seront sur le tapis de la première ce soir !?», bref, quand des personnalités ont leur carte de membre des tapis rouges, c’est qu’on est en train d’abuser de la pauvre carpette.
Ça enlève surtout l’attrait du «tapis» où le procédé est nécessaire et souhaité, comme lors des galas de l’Adisq, des Gémeaux, des Olivier, Artis, Jutra…où d’événements majeurs comme l’inauguration de la Maison de l’OSM et ouverture de festivals.
Bien sûr, la partie, vedettes, vous n’êtes pas les seules à la jouer. D’un côté, on vous invite et de l’autre, les journalistes sont aussi coupables de vous poser des questions sur votre petit dernier ou votre robe fripée. Remarquez qu’à la limite, c’est une occasion justifiée de profiter de la tribune pour s’exprimer sur quelque chose qui vous dérange dans l’actualité.
N’empêche, chers amis piques-tapis, à force de vous voir à tort et à travers sur tous les tapis rouges à votre portée, on finira par ne plus vous prendre au sérieux quand vous aurez vraiment créé quelque chose qui mérite qu’on vous arrête pour que vous nous en parliez.
Parce qu’après tout, vous êtes des artistes pour l’art et quand vous parlez dans un micro, c’est pour parler de votre art, pas de vous, n’est-ce pas?



Il n'y a pas encore de commentaires