Souvent très difficiles à recycler, les déchets d'équipements électriques et électroniques (DEEE) sont une véritable plaie pour l'environnement. Longtemps ignorés par les décideurs et les acteurs concernés, les enjeux n'en demeurent pas moins cruciaux. Décryptage.
Au fil des années, les solutions de collecte se sont multipliées. On évoquera également la Tournée des DEEEglingués, organisée par les éco-organismes et à laquelle soixante-dix collectivités territoriales ont pris part cette année. Preuve que les mentalités évoluent et que la logistique ne cesse de s'étoffer : plus de quatorze millions d'appareils considérés comme des D3E (ordinateurs, cafetières, réfrigérateurs, équipements électroménagers etc.) ont déjà été collectés depuis le début de l'année, rapporte le site Eco-systèmes.fr, qui a mis en place un compteur en temps réel.
Via les réseaux solidaires qui remettent en état des appareils obsolètes (mais toujours en état de fonctionnement) et les revendent à bas prix, des associations comme Emmaüs apportent leur contribution au recyclage et donc à la lutte contre la pollution. Depuis 2006, les opérateurs de téléphonie mobile ont en outre l'obligation de reprendre les vieux terminaux gratuitement à l'achat d'un appareil neuf. Des terminaux qui peuvent être réutilisés, distribués dans des pays défavorisés (c'est notamment la vocation des Ateliers du Bocage, entreprise de réinsertion partenaire d'Emmaüs et d'Orange qui récupère également les cartouches d'impression, matériels informatiques, piles et autres néons usagés), sont dépollués et sont traités conformément aux normes environnementales en vigueur. Le site Internet Love2Recycle, lui, permet au propriétaire d'un téléphone portable usagé de connaître sa valeur financière, le retraite et, après les vérifications d'usage, effectue un virement sous dix jours. Aux dernières nouvelles, le succès du concept ne se dément pas...
Recycler les D3E : un processus complexe
À titre d'exemple, concernant les équipements de la catégorie gros électroménager qui ne peuvent être remis en état, le processus s'effectue en trois étapes : dépollution et pré-broyage (« les condensateurs et les câbles moteurs sont extraient manuellement par les opérateurs », éclaire Eco-systèmes.fr), broyage (cette phase consiste à « décomposer l'appareil en différents petits morceaux de matière mélangés ») et séparation des matières (« les morceaux d'appareils transitent sur un long tapis roulant et vont être séparés grâce à différents procédés techniques (aimant, rayon X, courant de Foucault etc.) )». Les écrans, qui sont environ trois millions cinq cent mille à être recyclés chaque année dans nos frontières, sont quant à eux démantelés manuellement avant la découpe de la bande anti-implosion, manuellement là aussi ou au moyen d'un fil à chaud. Les poudres électroluminescentes nocives pour l'environnement sont ensuite aspirées puis neutralisées, la récupération des matières après séparation du verre, du plomb et du baryum achevant le processus.
Par ailleurs, dans la capitale, « si l'encombrant n'est pas repris dans le commerce ou s'il s'agit de s'en débarrasser en dehors d’un nouvel achat, trois solutions sont possibles : l’apport en déchetterie ; l’enlèvement par le service de la propreté après signalement en ligne sur Paris.fr, ou par téléphone soit auprès du 3975 (prix d'un appel local), soit directement auprès du service de la propreté de l'arrondissement ; et l'appel à une société privée (coordonnées dans les pages jaunes) », précise la municipalité sur son site web.
Pratique mieux ancrée dans les moeurs, le recyclage du papier est du carton est il est vrai beaucoup plus commode. Ils sont en effet constitués de fibres de bois (cellulose) non-toxiques et biodégradables, donc recyclables. Aussi est-il également possible de les composter et de les valoriser énergétiquement en les brûlant.
Quant au recyclage du verre, il s'agit d'une véritable bénédiction dans la mesure où il peut être retraité à l'infini, ce qui est d'autant plus appréciable qu'il met plus d'un millénaire à se dégrader dans la nature. Il existe deux méthodes pour valoriser ces déchets : les réutiliser s’ils sont intacts ou recycler leur matière première. Enfin, « les emballages plastiques sont traités selon deux processus, en fonction des contraintes économiques et environnementales : le recyclage de la matière première pour les bouteilles et flacons et la valorisation énergétique pour le reste. Le problème de l’incinération des plastiques, produits à base d’hydrocarbures fossiles, est l’émission de CO2 et de fumées polluantes qui doivent à leur tour faire l’objet d’un retraitement », détaille le site Internet Futura-Sciences.com.
Au même titre que celui des D3E, le recyclage du plastique n'est pas franchement une formalité. L'intérêt supérieur de la planète plaide néanmoins pour sa généralisation.


