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    A l'approche de la présidentielle, l'ONU met en garde contre le risque de violences au Congo-Kinshasa

    JOHANNESBURG (AP) — La répression menée par les autorités de Kinshasa à l'approche d'un scrutin présidentiel crucial, le 28 novembre, risque de déboucher sur de nouvelles violences en République démocratique du Congo (RDC), qui tente toujours de se remettre de décennies de dictature et de guerre civile, met en garde l'ONU mercredi.

    Selon le Bureau conjoint des Nations unies pour les droits de l'Homme (qui réunit le Haut-Commissariat pour les droits de l'homme et la MONUC, la mission de stabilisation de l'ONU au Congo-Kinshasa), des gens ont été passés à tabac et arrêtés uniquement parce qu'ils arboraient des T-shirts de l'opposition. Un homme est sous les verrous depuis mars pour avoir vendu un journal mettant en cause la nationalité congolaise du président Joseph Kabila, vieille lune du débat politique en RDC.

    "La poursuite de la répression des droits de l'homme et des libertés fondamentales dans la période pré-électorale augmente la probabilité de voir des individus et partis politiques recourir à la violence, de mettre en danger le processus démocratique et de conduire à des violences post-électorales," écrit le Bureau conjoint dans un rapport pointant nombre de dysfonctionnements.

    Il souligne également le fait que la sécurité repose sur des forces armées et de police "sous-payées, mal entraînées et mal équipées".

    La présidentielle du 28 novembre n'est que le deuxième scrutin démocratique en RDC en un demi-siècle. Le premier, en 2006, avait été organisé par la MONUC, la plus importante mission jamais mise sur pied par l'ONU, qui en assurait également la sécurité. Et malgré un impressionnant déploiement de forces et de moyens internationaux, ce vote avait été marqué par des affrontements mortels entre partisans de Kabila et ceux de son principal challenger, Jean-Pierre Bemba.

    Depuis, le système électoral a été modifié, le scrutin se déroulant désormais La pléthore de candidats de l'opposition notent que cela garantit la victoire de Kabila, à moins qu'ils ne réussissent à s'unir derrière un seul nom, ce qui n'a pas été possible.

    Bien que le scrutin soit encore éloigné, la tension monte déjà en RDC et plusieurs personnes ont été tuées ou blessées. Dans le courant du week-end, des affrontements entre partisans de deux candidats rivaux de l'opposition ont fait au moins 16 morts à Lubumbashi, dans la riche province minière du Katanga (sud-est).

    Des chaînes de radio et de télévision pro-opposition ont été fermées, et l'accès aux médias publics n'est pas équitable. Des meetings ont été interdits, ou dispersés par la police, ajoute le rapport. Des membres de l'opposition ont également été détenus illégalement dans une caserne où ils ont été maltraités.

    La situation est tout particulièrement préoccupante dans l'est du pays, où les nombreuses milices et mouvements rebelles étrangers continuent de semer la terreur dans la population. Selon le rapport, des rebelles rwandais ont menacé de déstabiliser le scrutin et ont commencé à détruire les cartes d'électeur dans deux village du Nord-Kivu pour empêcher les villageois de participer au vote. AP

    nc/v

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