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    L'ancien bâtiment du papetier Job reconverti en centre culturel

    TOULOUSE (AP) — Le bâtiment administratif de la société toulousaine de papeterie Job, célèbre pour son papier à cigarettes et fermée en 2001, doit rouvrir samedi après sa reconversion en centre culturel, dans le quartier des Sept-Deniers.

    Surnommé "le Paquebot" ou "le vaisseau Amiral", cet imposant édifice situé à deux pas de la Garonne, symbole toulousain des luttes sociales, connaît une deuxième vie. Ses 3.000m2 abritent désormais une maison des jeunes et de la culture, une école de musique, une piscine de quartier et une salle de spectacles de 130 places.

    Sur deux de ses façades repeintes en blanc, les lettres rouges monumentales de JOB, initiales de Jean Bardou, inventeur du papier à rouler les cigarettes, ont été conservées. Elles sont séparées par un triangle, que les consommateurs transformeront d'eux-mêmes en "O" pour lire JOB. La tourelle où l'eau de la Garonne était stockée pour produire la pâte à papier a également été sauvegardée.

    L'entreprise était célèbre dans le monde entier pour son papier couché pour livres de luxe, l'emballage bleu des paquets de Gauloises ou son fameux papier à cigarette des rouleurs.

    "C'est merveilleux de voir ce bâtiment, symbole d'une lutte sociale de 1995 à 2001, renaître avec un projet aussi ambitieux", a déclaré à l'Associated Press Bernard Margras, ancien élu CGT qui a mené de 1995 à 2001 la bataille pour empêcher la fermeture de l'entreprise. "L'édifice témoigne ainsi de l'histoire des anciens salariés mais aussi de la vie du quartier des Sept-Deniers et de ses habitants pour qui Job reste un symbole", a ajouté M. Margras.

    Créée en 1838 à Perpignan, la société de papeterie Job s'installe en 1903 à Toulouse, sur un terrain de 4,7 hectares dans le quartier des Sept-Deniers. En 1931, l'architecte Pierre Thuriès construit le "vaisseau Amiral", le bâtiment art déco à la forme d'une proue de paquebot.

    L'entreprise est rachetée en 1986 par le groupe Bolloré, puis en janvier 1996 par le papetier allemand Scheufelen qui fermera la société en 2001. De 1995 à 2001, les 300 salariés ont mené une lutte sans merci pour sauver leurs emplois.

    "Après la lutte sociale, nous avons dû batailler pour sauver le bâtiment des griffes des promoteurs immobiliers afin qu'il soit transmis aux populations. On n'a pas sauvé nos emplois mais on a au moins conservé ce bâtiment qui témoigne du savoir-faire industriel. On pourra le montrer à nos petits-enfants", explique Bernard Margras.

    Les anciens salariés et les associations de quartier ont obtenu le rachat du bâtiment et son classement par la ville de Toulouse en 2005. L'édifice rénové est aujourd'hui géré par un collectif de onze associations.

    "C'est la victoire du syndicalisme et de la population sur du gâchis, on a réussi un tour de force", conclut l'ancien cégétiste Bernard Margras. AP

    xrim/se/sb

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