A droite, certains regrettent la tentative de séduction des électeurs frontistes plutôt que la défense du bilan présidentiel.
Silence dans les rangs. Quoi qu’ils pensent de cette campagne, les responsables de la majorité refusent de la commenter avant le verdict du 6 mai. «On est au feu, nous discuterons de tout cela après», lâche l’un d’eux, pressé d’en finir.
Ils sont quelques-uns, pourtant, à ronger leur frein. Comme ce député UMP, qui se dit «effaré par la place qu’a prise le gourou de Sarkozy Patrick Buisson». Venu de l’extrême droite, ce conseiller du chef de l’Etat est tenu pour responsable des discours du président-candidat en direction des électeurs du FN. Avec ses hommages aux «frontières» et aux «racines chrétiennes», avec ses tirades sur les ravages de l’immigration et du communautarisme, Sarkozy a compromis l’alliance avec Bayrou, tant espérée par les centristes de l’UMP (lire page 6).
«Solitaire». «La fin ne justifie pas les moyens, c’est un fondement de la démocratie», ajoute le même député qui prévoit que, si «la fin n’était pas atteinte» - si Sarkozy était battu le 6 mai -, alors «plus personne ne se gênera pour dire que les moyens n’étaient pas justifiés». Quelques rares grandes voix de la majorité ont osé exprimer publiquement leurs réserves. Dès dimanche soir, Jean-Pierre Raffarin avait souhaité un virage «humaniste» dans la campagne de second tour. Nicolas Sarkozy était invité à s’emparer du thème de la «discipline budgétaire», si cher à François Bayrou. Le même soir, Patrick Devedjian estimait que «l’extrême droite n’est forte que quand la droite est faible, quand elle n’a pas sa propre pensée, sa propre vision du monde». Selon lui, Nicolas Sarkozy n’aurait «pas assez parlé de la crise», pas assez mis en avant sa «crédibilité» et les «vraies réponses» qu’il serait capable d’apporter.
Photo Laurent Troude pour Libération
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