Ce n’est pas tous les jours que l’on a rendez-vous avec un homme qui sème des graines et plante des fleurs au cœur du chocolat (1). «Dans le coin, je suis un peu classé comme sorcier», rigole Christian Guilleminot. Chez lui, c’est au fin fond du Berry, là où les plaines de céréales viennent mourir contre les coteaux de Menetou-Salon. On est venu en avance histoire de tâter un peu du pays. Alors voilà un après-midi écrasé de soleil. Pas celui du printemps ou du début de l’été. Non, aujourd’hui, en Berry, ça sent déjà le roussi comme un plein mois d’août. Dans le train, entre Vierzon et Bourges, la couleur du ballast se confond avec celle de la campagne : c’est jaune-brun partout. Puis, dans un verger, on gratte une grosse noix verte qui a quinze jours d’avance. Il est temps d’en faire mariner quelques poignées dans du bordeaux et de la gnôle (soit 30 noix vertes coupées en quatre pour quatre bouteilles de vin, un litre d’alcool à fruits et 750 grammes de sucre. Mettre en bouteilles après la Toussaint et laisser vieillir longtemps, longtemps…). A l’heure de l’angélus, de méchants nuages font redouter un de ces orages que l’on subit habituellement avant moisson. Les hirondelles volent en rase-mottes, tandis qu’un vent frais s’incruste dans la nuit. «Il paraît qu’il arrive de Suisse», assure un promeneur insomniaque.
Le lendemain matin, on décide d’aller au ravitaillement aux Aix-d’Angillon (Cher). C’est un bourg avec une belle et longue allée de tilleuls, de vraies pissotières à l’ancienne et deux magasins de photographie qui se font face. Il est aussi atteint d’un mal récurrent en zones rurales, voire périurbaines : la fermeture du petit commerce qui transforme les vitrines en d’imprévisibles capharnaüms domestiques où l’on va trouver en vrac pots de géranium, rideaux de cuisine, vieille gazinière et chaises de camping. Présentement, on a loupé le marché et l’on déplore la fermeture temporaire du Parisien, bar-hôtel-restaurant, vitrine tricolore et menu à 12 euros (...) Lire la suite sur Liberation.fr
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