Les emprunts populaires reviennent au goût du jour. La Belgique a levé 1,2 milliard d'euros auprès des particuliers bien que sa note vient d'être dégradée. Au cours de la «journée des bons du Trésor», lundi, les Italiens étaient invités à acheter la dette de leur pays. Même si aucun chiffre n'est disponible, la banque Unicredit parle de résultats très positifs. Preuve dans ces deux cas que les citoyens ont confiance dans leur pays. Alors que la France voit les taux d'intérêt de sa dette progresser, devrait-elle à son tour lancer un emprunt auprès des Français, histoire de réduire sa dépendance aux marchés financiers? 20 Minutes fait le point avec l'économiste Philippe Crevel, secrétaire général du Cercle des Epargnants.
Comment expliquer ce regain d'intérêt pour les emprunts populaires?
En France, les grands emprunts (Pinay, Giscard…) émis auprès de la population étaient une tradition jusque dans les années 80. Le procédé est tombé en désuétude au moment de la libéralisation des marchés financiers. Il était devenu alors moins coûteux pour les Etats d'emprunter sur les marchés une dette toujours plus importante.
La Belgique et l'Italie ont décidé de renouer avec ces emprunts car les taux d'intérêt exigés par les investisseurs sont de plus en plus élevés. L'Italie par exemple peut émettre de la dette auprès du public à un taux inférieur à celui exigé par le marché (8% aujourd'hui). De plus, la part des non-résidents qui détiennent leur dette est importante (48%). Sous réserve du risque, un taux de 5% est intéressant pour les épargnants. Aujourd'hui, si le Japon avec un endettement public de 200% peut toujours emprunter à des taux faibles, c'est que 95% de sa dette est détenue par des résidents. Diminuer le poids des non-résidents, c'est se libérer de la contrainte du (...) Lire la suite sur 20minutes.fr
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