Foot . Intouchable en finale face à l’Italie (4-0), la Roja se plaît à rêver au Mondial 2014.
Coup de sifflet final. Les 23 joueurs espagnols courent sur la pelouse bras en l’air pour certains, drapeau ibérique à la main pour d’autres. Le moment est unique. La bande à Iker Casillas, le meilleur gardien de la compétition, vient de réaliser un triplé historique : Euro-Coupe du monde-Euro. Jamais dans l’histoire du football une équipe nationale n’avait réalisé un tel exploit. Le sélectionneur, Vicente Del Bosque, n’en fait pas des caisses pour autant : «Nous avons tout simplement une génération exceptionnelle. Ils pratiquent un football qu’ils connaissent par cœur. En menant l’équipe à la victoire en 2008, Luis Aragonés [l’ancien sélectionneur, ndlr] nous a montré le chemin. Il n’y avait plus qu’à continuer. Désormais, nous devons regarder vers le futur. D’autres challenges nous attendent.» Pas rassasié, Del Bosque a déjà en tête le Mondial 2014 au Brésil. Et pourquoi pas l’Euro 2016 en France.
Rythme. Pourtant, sa sélection a essuyé pas mal de critiques tout au long du tournoi. Son style, qui faisait tomber en pâmoison en 2008 et 2010, a fini par lasser comme si la Roja se caricaturait : une sorte de passe à dix stérile. En phase de poule, mais aussi lors des quarts et demi finales, l’Espagne a singulièrement manqué de rythme et de profondeur. Une impression renforcée par l’absence d’un avant-centre de métier. C’est souvent le meneur de jeu barcelonais, Cesc Fabregas, qui a occupé, avec une certaine réussite, la pointe de l’attaque. L’Espagne gagnait toujours à la fin (sauf son premier match contre l’Italie, 1-1), mais ses matches étaient ennuyeux. Avec, en plus, le sentiment que les Ibères s’emmerdaient presque sur la pelouse. A moins que le monde du football ne soit devenu particulièrement sévère avec une équipe habituée à régaler. Comme on reprocherait à un chef étoilé de ne pas renouveler sa cuisine.
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