Malaisie. Des affrontements ont eu lieu, samedi, après le sit-in en faveur des réformes électorales.
Canons à eau chimique, gaz lacrymogènes et arrestations : le rassemblement «Bersih 3.0» («propre» en malais), à Kuala Lumpur samedi, à l’appel de Bersih, un collectif d’ONG militant pour des élections «propres et justes», a connu le même dénouement qu’en juillet. L’indignation internationale avait alors contraint le Premier ministre malaisien, Najib Razak, à nommer une mission parlementaire pour modifier la loi électorale. Mais rien n’a suivi. Bersih a donc une nouvelle fois appelé à manifester, réclamant le nettoyage des listes électorales, la démission des membres de la Commission électorale et la présence pendant les scrutins d’observateurs internationaux.
Serré. Dès samedi matin, les rues du centre-ville se sont couvertes de jaune, la couleur de Bersih. L’ambiance était festive, mixte, jeune et presque familiale. «Nous n’avons plus peur, la rue est notre porte-parole», explique Jin Young, 23 ans, qui votera - des législatives sont prévues au plus tard d’ici à 2013 - contre l’Umno, «sa corruption et son clientélisme». Le parti de Najib Razak est le pilier de la coalition au pouvoir depuis l’indépendance du pays, en 1957. Sa domination a été entamée en 2008, après le premier rassemblement «Bersih» de novembre 2007, et le prochain scrutin s’annonce comme le plus serré de son histoire. Bersih est soutenu par l’opposition, mais le mouvement rassemble au-delà des partis. «Bersih agrège un large champ de revendications, de l’environnement aux droits religieux en passant par le système de santé, la corruption, la réforme électorale et l’éducation. Au cœur de ces préoccupations se trouve la demande pour une meilleure gouvernance et une plus grande consultation des Malaisiens», explique Bridget Welsh, politologue spécialiste de la Malaisie.
Aux cris de «Vive le peuple, vive Bersih», au moins 25 000 manifestants ont convergé vers la place de l’Indépendance, une marche (...)
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