DUBLIN (Reuters) - Le Premier ministre irlandais Enda Kenny a estimé mardi que les couvents de la Madeleine, où des milliers de jeunes femmes ont été exploitées pendant plus de 70 ans, constituaient "une honte nationale."
Au nom de la République, il a fait publiquement ses excuses aux victimes, des "femmes perdues" aux yeux des religieuses catholiques qui les enrôlaient dans leurs établissements, et dont le sort funeste a été popularisé en 2002 dans le film "The Magdalene Sisters."
Dans ces couvents, appelés aussi les blanchisseries Magdelene car on y lavait et repassait du linge pour l'Etat et des entreprises privées, les nonnes imposaient un régime de fer aux jeunes femmes placées sous leur férule, souvent parce qu'elles étaient enceintes sans être mariées.
Entre 1922, date de la fondation de la République irlandaise, et 1996, une femme sur dix internées dans ces lieux y est morte. La plus jeune est décédée à l'âge de 15 ans.
"C'est une honte nationale pour laquelle je suis profondément désolé et pour laquelle j'offre mes plus sincères et totales excuses", a déclaré le chef du gouvernement au Parlement, écouté attentivement dans les travées du public par des survivantes.
Conor Humphries, Pascal Liétout pour le service français


