La police allemande procédait dans le calme lundi après-midi à l'évacuation finale du camp du mouvement anticapitaliste «Occupy Frankfurt», situé devant la Banque centrale européenne, suite à une décision de justice.
Certains des «indignés» aidaient les policiers à démonter les tentes, tandis que d’autres restaient assis, apathiques, méditant sur la fin de leur aventure qui a duré près de 10 mois, tandis que des camions-benne emportaient matelas et autres sacs-poubelle.
Vers 14h30 (GMT), la majorité des derniers «indignés» avait déjà quitté volontairement le camp, situé dans un square public aux abords de la Banque centrale européenne (BCE). Une petite dizaine d’entre eux, assis devant le symbole de l’euro qui orne le square, préférait se laisser déplacer par les policiers, sans opposer de violence. «Nous sommes très déçus» a commenté Maike Wolf, 24 ans, occupante du camp depuis sa création en octobre dernier. «La Constitution et le droit de rassemblement sont bafoués» a-t-elle estimé, assurant que le collectif allait continuer à se battre en justice.
«Repartir à zéro»
Emanuel Rauber, un autre occupant âgé de 29 ans, préférait relativiser. «Ce n’est pas si mal après tout que le camp soit nettoyé, ça nous permettra de repartir de zéro», pourquoi pas en revenant un jour ou en s’installant ailleurs, dans des maisons vides de Francfort, a-t-il laissé entendre.
La municipalité avait demandé aux «indignés» de lever leur camp d’ici à fin juillet. Ses occupants avaient saisi le tribunal administratif dans l’espoir de faire annuler cette décision. Mais lundi le tribunal a rejeté le recours des «indignés», jugeant dans un communiqué que «les tentes, cabanes, sofas, fauteuils, chaises et palettes de bois» rassemblés dans le campement n'étaient pas «des éléments indispensables» pour exprimer leur opinion.
Le tribunal s’est aussi montré sensible à l’argument de la municipalité qui a évoqué des problèmes d’hygiène, le camp étant notamment infesté par les rats.
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