ACTIVITÉS DE VOS AMIS

    Le jour où... le bac sera aboli

    Tous les mardis pendant la campagne électorale, Luc Le Vaillant réinvente la politique dans une chronique d'anticipation.

    On est à la fin du mois de juin 2014, et les jeunes Français qui approchent de la majorité toujours fixée à 18 ans, se préparent à de vacances bien méritées. D’autant que pour la première fois depuis Napoléon, leur classe d'âge va s'éviter le passage du baccalauréat.
    Dans ses bureaux de la rue de Grenelle, Vincent Peillon retire les lunettes qu’il porte depuis son entrée en fonction et souffle la buée du soulagement sur des verres qui en ont vu des vertes et des pas mûres depuis qu’il a entrepris de changer les habitudes du mammouth.
    Dès l'élection de Hollande, à l'été 2012, cela commence par un lancer de ballons d’essai en matière de notation.
    Les enseignants ne sont pas ravis de la double notation, où l’administratif le dispute au pédagogique, le proviseur à l’inspecteur.
    Peillon s’empresse de donner des signes d’apaisement à cette communauté élective acquise à la gauche mais peu encline à se laisser manœuvrer sans couiner férocement. Ce qui n’empêche pas le ministre de l’Education de renvoyer la balle sur la notation des élèves.
    Difficile pour la gent enseignante de demander à ce qu’on la dispense des jugements au mérite et de l’estimation de son entrain participatif, sans qu’elle soit tenue de s’interroger sur son obsession de l'évaluation au demi-point et de son goût pour la sanction chiffrée.
    La rue de Grenelle, qui avait peu accoutumé à exhumer les fantômes du pédagogisme, commence son difficile travail de conviction.
    C’est dans le camp des parents que le feu de l’adhésion à ce renversement copernicien prend avec le plus d’ampleur.
    Les géniteurs secouent la tête, comme s’ils émergeaient enfin d’un cauchemar ridicule. Et remettent en cause à un système dans lequel ils se sont laissé engluer comme l’ensemble de la communauté éducative.
    Après tout, c’est vrai, se disent les anciens cancres et anciennes têtes de classe, pourquoi (...)

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