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    Internautes, le peuple migrateur

    « Mais où je vais chercher mes series maintenant ? » Sur la Toile, l’écho de ce cri désespéré se répète à l’infini depuis jeudi

    soir. Le réseau Mega revendiquait plus de 50 millions de visiteurs par jour, qui se trouvent soudainement privés de leur supermarché à films, séries, musiques et jeux vidéo préféré. Les sites concurrents — Hotfile, Mediafire… — en profiteront sans doute dans l’immédiat, mais ils sont tous sous la menace d’une mésaventure similaire. À plus long terme, la fin de MegaUpload pourrait bien pousser les internautes à adapter leurs usages, en abandonnant le principe du direct download (« téléchargement direct »), fragile car ultracentralisé.

    Au début des années 2000, c’est en peer-to-peer (« P2P ») qu’on piratait. Le modèle fut inventé par Napster en 1999 : un logiciel met en relation directe les internautes, qui récupèrent chez l’un et chez l’autre les fichiers qu’ils convoitent, par fragments. Après la mort de Napster en 2001, le P2P a cartonné via les logiciels eMule et Kazaa, puis par le système BitTorrent. Facile à surveiller, c’est la seule technique de partage contrôlée par l’Hadopi. Mais quand la Haute Autorité prenait ses marques, le P2P était déjà en perte de vitesse. La fréquentation de MegaUpload a explosé en 2010 (+35% en France) : effet de migration de pirates fuyant les filets d’Hadopi ou simple évolution naturelle due à la simplicité et aux débits de téléchargement permis par le direct download ?

    La majeure partie des pirates est aujourd’hui « SDF » et l’industrie culturelle dispose d’un boulevard pour reprendre possession de ses meilleurs clients. Ces internautes ne rechignent pas à payer — par millions, ils ont déboursé 10 ou 80 euros pour un compte premium sur MegaUpload —, mais il faut que l’alternative légale ne perde ni en richesse, ni en qualité, ni en simplicité. Dans un article un brin provocateur publié en juin,

    Retrouvez cet article sur Liberation.fr

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