Quand Nicolas Sarkozy inaugurait le Grenelle de l’environnement en 2008, il avait la foi, l’accent, l’emphase même, des nouveaux convertis. Avec François Hollande, il en va différemment. Moins de lyrisme et plus de réalisme. Et pas mal d’élégance au passage puisqu’il a tenu à saluer les "mérites incontestables du Grenelle" quand bien même celui-ci "avait atteint ses limites".
Dans son discours inaugural de la conférence environnementale au Palais d’Iéna ce matin, François Hollande a donc tenu à prononcer un discours de la raison. Un discours de la synthèse entre les défis économico-sociaux et environnementaux. "Ces défis dit-il, ne se hiérarchisent pas et doivent être affrontés et surmontés ensemble". "La conférence environnementale et la conférence sociale sont donc complémentaires". Il va même plus loin puisqu’il lie le redressement productif, et l’emploi, à une refondation de note modèle de développement.
Une mue raisonnée
François Hollande qui n’a jamais fait assaut d’écologisme par le passé, a manifestement pris pleinement conscience de l’enjeu éthique et technique de l’économie verte en accédant aux plus hautes fonctions. Auparavant c’était, à l’écouter, un dossier parmi d’autres sur la grande pile. Aujourd’hui, il est devenu stratégique. Il conditionne, dit-il, un "nouveau mode de développement" qui ne peut plus être celui du XIXe siècle.
Et pour que son auditoire en soit tout à fait sûr, il donne des gages de sa propre mutation. Le "réchauffement climatique", dit-il, n’est pas une "opinion" mais un fait "scientifique". Sur la volonté de (...)
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