A Toulouse, lieu traditionnel des ultimes meetings de campagne PS, le candidat a appelé à la mobilisation.
Dans les rues qui mènent jusqu’à la place du Capitole, ils n’ont pas pu manquer les panneaux rouge flamboyant. A Toulouse, un théâtre annonce «le Temps des cerises», des représentations de poésie «festive et engagée». Car tout ce que la gauche compte de dirigeants qui comptent a fait le voyage - à part Jean-Luc Mélenchon - pour le dernier grand meeting de campagne de François Hollande. A quatre jours d’un scrutin qu’ils abordent le vent dans le dos, ils sortent par dizaines en file indienne de la mairie pour rejoindre le carré VIP, au moment où Michel Fugain entame a capella le Chiffon rouge. «Hollande a dit un gouvernement paritaire, mais il n’a pas dit resserré, alors tout le monde est là», se marre un parlementaire qui regarde passer le défilé.
«Héritage». Toulouse, c’est une tradition au Parti socialiste. Depuis François Mitterrand en 1974, c’est là que s’achèvent les campagnes présidentielles. Sauf en 2007, quand Ségolène Royal avait préféré y tenir meeting juste avant le premier tour. Mais, surtout, sauf en 2002, pour cause de 21 avril. Toulouse 2012, c’est donc un peu le meeting de la réparation : pour l’unique fois de la campagne, Lionel Jospin monte sur scène juste avant Hollande. La voix de l’ancien Premier ministre est gonflée d’émotion quand il parle de ces «liens qui, longtemps, m’ont lié à vous et qui, de mon côté, ne se sont jamais dénoués».
Huissier historique de la gauche, il égrène les victoires de 81 et de 88. Et puis, en 2002, encore «l’espoir», dit-il. Mais «je n’ai pas su ou pas pu conjurer la désunion de la gauche que j’avais pourtant rassemblée pendant cinq ans. Le piège du premier tour s’est refermé sur nous et sur la France». Jospin à la tribune c’est l’incarnation du remords du 21 avril 2002, à l’heure où les socialistes craignent une démobilisation avant un second tour que les sondages prédisent facile. Vient le passage de flambeau (...)
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Un arrière-goût de trahison à droite
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«Ce n’est pas comme ça que l’on refondera le centre»


