N'est-ce pas à un rythme annuel que l'on fait traditionnellement le bilan d'une entreprise ou d'une institution ? Pas quand on s'appelle Hadopi,
manifestement. Après un premier rapport d'activité présenté en septembre dernier, la Haute autorité a cru nécessaire de publier un deuxième (petit) bilan pour faire le point « 1 an ½ après son lancement ».
Son activité n'a pourtant pas été intense au point qu'il faille la coucher sur papier sans attendre quelques mois supplémentaires. Outre les quelques dizaines de dossiers de pirates multirécidivistes transmis au Parquet, son agenda a surtout compté moult tables rondes avec les acteurs de la culture pour réfléchir à l'avenir de la création numérique. Mais voilà le drame : l'élection présidentielle débute dans moins d'un mois, et neuf candidats sur dix ont inscrit l'abrogation d'Hadopi dans leur programme. La Haute autorité est sérieusement menacée d'extinction. Ces 16 pages de PDF représentent donc, peut-être, sa dernière occasion de vanter les bienfaits de la riposte graduée...
Car l'Hadopi n'a que de merveilleuses nouvelles à annoncer : « Dix-sept mois se sont écoulés depuis l’envoi du premier mail de la réponse graduée. On constate de réels effets tant sur le téléchargement illégal en P2P que sur la situation et les perspectives des offres culturelles en ligne. » D'un côté, le volet répressif (ou « pédagogique », selon d'autres points de vue) a tellement bien fonctionné que les internautes français ont quasiment cessé de télécharger par peur du gendarme : « La comparaison entre les différentes sources disponibles met en évidence une nette tendance au recul du téléchargement illégal en P2P. Rien ne permet d’affirmer qu’il y a eu un report massif des usages vers les technologies de streaming ou de téléchargement direct. »
De l'autre côté, la mission de développement de l'offre légale est également une retentissante réussite :
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