Le leader du Front de gauche lance dans le Pas-de-Calais sa campagne contre le traité européen.
Faire comprendre aux Français qu’un «lien direct» existe entre le pacte budgétaire européen et leurs «difficultés quotidiennes». Tel est le défi que s’est fixé Jean-Luc Mélenchon. Hier soir à Oignies (Pas-de-Calais), le quatrième homme de la présidentielle (11,1%) a enfilé ses habits de tribun pédagogue, «d’éclaireur» selon ses mots, devant une assemblée citoyenne censée sonner le début de la «campagne du non» au traité européen.
Pour cet exercice qu’il affectionne, Mélenchon a choisi de revenir sur des terres où il n’a pas gardé que de bons souvenirs. C’est ici, dans cette 11e circonscription du Pas-de-Calais, que le candidat du Front de gauche n’a pas passé le premier tour aux dernières législatives, laissant Marine Le Pen et le futur vainqueur socialiste, Philippe Kémel, s’affronter au second. La candidate frontiste a depuis déposé un recours, auquel Mélenchon ne croyait pas, avant que ses soutiens locaux l’assurent, hier, qu’il pouvait aboutir. Mais, à la question de son choix si le scrutin était invalidé, il élude d’une pirouette : «J’ai déjà assez de cauchemars comme ça !» Tout en martelant que la défaite de Le Pen n’aurait pas été possible sans lui, et qu’elle aurait toutes les chances de devenir députée si une nouvelle élection devait se tenir.
Intelligible. Mais son cauchemar du moment, explique-t-il, consiste à rendre le traité intelligible pour tous. «Même moi, qui suis député européen, j’ai été obligé de lire le texte trois fois pour bien le comprendre. Maintenant, ce qui est très clair, c’est que ce traité c’est l’austérité pour toujours.» Voilà pour le slogan, intelligible de tous. Dans les prochains jours, le leader du Front de gauche va publier un petit livre à 5 euros, l’Europe austéritaire, pour donner des arguments aux «comités de lecture» qu’il espère voire renaître.
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