(Article publié dans "Le Nouvel Observateur" le 18 décembre 2008)
Cela fait à peine cinq minutes que l'hélicoptère de la gendarmerie a quitté Cayenne. Et l'appareil, un EC145, survole déjà l'immense forêt primaire humide qui couvre 95% de la Guyane, département français en Amérique du Sud. Son ombre se déplace sur la canopée ensoleillée, semblable, vue de haut, à un champ infini de brocolis. Sous les ramures entrelacées d'arbres s'élevant à 30 mètres du sol cohabitent en autosuffisance depuis des siècles 400 000 espèces végétales et animales. Grand comme le Portugal, ce territoire abrite une des biodiversités les plus riches de la planète. Un écosystème longtemps resté intact mais désormais menacé.
Depuis environ dix ans, un mal insidieux ronge en effet cette partie est du bassin amazonien, encore préservée de la déforestation massive observée au Brésil voisin. L'or des sous-sols et des rivières de la Guyane fait aujourd'hui l'objet d'un braconnage à grande échelle organisé par des traqueurs de métal jaune, sans précautions écologiques ni respect des réglementations en vigueur. Ces orpailleurs clandestins, nommés "garimpeiros", viennent des régions déshéritées du Brésil et du Surinam. Oubliées, les méthodes douces de tri du minerai à la batée, cette passoire manuelle utilisée il y a peu par les chercheurs d'or pour récolter quelques pépites. C'est à la dynamite et de manière totalement anarchique que des hordes d'hommes - estimés à près de 20.000 - attaquent les roches. C'est avec pelleteuses, suceuses et pompes à eau qu'ils (...)
Lire la suite sur Le Nouvel ObservateurGUYANE. La tuerie vers l'or
GUYANE. 2 militaires tués dans un affrontement avec des orpailleurs



