Marc Touati, directeur des recherches économiques chez la compagnie financière Assya, analyse les scénarios possibles après l'annonce d'un référendum par la Grèce portant sur la sortie éventuelle du pays de la zone euro.
Avant même un possible «non» au référendum, est-ce que le «retard» dans l'application du plan européen d'aide à la Grèce est, déjà, préjudiciable?
Très clairement, oui. Si la Grèce n'obtient pas les aides européennes prévues, elle va avoir du mal à payer ses fonctionnaires, par exemple. Le problème de ses liquidités va se poser, surtout qu'elle ne peut pas s'endetter sur les marchés, qui ont des taux d'intérêt bien trop élevés. A partir de là se pose un vrai problème à court terme. La Grèce souffre aussi au niveau de sa crédibilité: comment dépenser autant d'énergie pour un accord et, trois jours après, revenir dessus avec un référendum? Il va être difficile pour la Grèce de gérer son image après cette décision, qui crée de l'incertitude et va alimenter la récession.
Un «oui» au référendum compenserait-il ces difficultés?
Déjà, le «oui» a quand même peu de chances de l'emporter. Les Grecs ne sont pas prêts à voter pour une nouvelle cure d'austérité. S'il y a malgré tout un «oui», cela pourra calmer le jeu mais le ressort est cassé: si on vote «oui» là, est-ce qu'ensuite il n'y aura pas de nouvelles contestations lors de l'application du plan? Il vaudrait mieux retirer ce référendum et arrêter de perdre du temps. Là, pour la Grèce, chaque mois qui passe compte double, chaque mois est très douloureux.
En cas de victoire du «non», la Grèce peut-elle vraiment quitter la zone euro et l'Union européenne?
Ce qui est clair, c'est que les pays de l'UE ne peuvent pas exclure un pays. Mais un pays peut décider de sortir de la zone (...) Lire la suite sur 20minutes.fr
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