Sur une pelouse de l'Ecole polytechnique d'Athènes sont exposés deux battants de portail rouillés et tordus. C'est un étudiant, Odysseus, 20 ans, qui interprète le monument pour le visiteur étranger : «En 1973, l'école s'est soulevée contre la junte militaire. Les chars sont entrés par cette porte pour écraser le mouvement. Il y a eu 30 morts.»
Selon l'étudiant en architecture, ce souvenir explique en partie pourquoi l'Ecole polytechnique est traditionnellement plus politisée que les autres. Il est vrai qu'elle est l'un des centres de la mobilisation étudiante contre les politiques d'austérité imposées au gouvernement grec par ses créanciers. Dans la cour, dans les couloirs, tags et affiches – tendance anarchiste majoritaire – appellent à la résistance. «Pourtant, même ici, ce n'est pas toujours facile de mobiliser», soupire Odysseus.
Beaucoup d'étudiants étaient pourtant présents, dimanche, aux alentours de la place Syntagma. «C'était comme une petite guerre, assure l'un d'eux. Des gaz partout, du feu, des charges de police.» Mais en dépit de cet engagement, ce sont les expressions «no hope», «no future» qui reviennent le plus souvent. «Dans la rue, on croise des sans-abris tous les deux mètres, les vols se multiplient, on ne se sent plus en sécurité nulle part, lance Olga, étudiante en architecture. On aime notre pays, mais il n'y a tout simplement aucun futur ici.»
Dans les couloirs de l'école Polytechnique d'Athènes. (Photo D.A.)
Même ton pessimiste chez Sofia, étudiante en sciences politiques, qui déchiffre une affiche anarchiste dans la cour de l'école. Son avenir, elle en est sûre, n'est pas en Grèce : «Je ne veux pas rester ici et gagner 350 euros par mois. Je veux partir ailleurs en Europe, ou peut-être en Australie.» La crise, elle en voit les effets sur ses parents : «Ils ont un petit magasin et ils se réveillent anxieux tous les matins car ils ne savent pas (...) Lire la suite sur Liberation.fr
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