«Il a été mis fin à la politique du chiffre», assure le Ministère de l'Intérieur, qui met en avant «la demande légitime des populations» pour justifier l'évacuation de camps illicites.
Le ministère de l’Intérieur s’est défendu samedi de toute «stigmatisation» dans sa façon d’aborder la question des Roms, malgré les critiques de plusieurs associations et l’appel d’un député UMP à la renégociation des traités européens.
La France a été placée vendredi «sous surveillance» par l’Union européenne quant aux conditions dans lesquelles sont traités les Roms, dont plusieurs camps illicites viennent d'être démantelés près de Lille, à Lyon, La Courneuve ou Marseille. Le collectif Solidarité Roms de la métropole lilloise, qui regroupe plusieurs associations, a accusé les autorités françaises de «chasser» les familles roms évacuées.
«Réalité de terrain difficile»
«Il a été mis fin à la politique du chiffre qui menait à des dérives et dénaturait les décisions de justice en en faisant des objectifs politiques chiffrés», s’est défendu samedi auprès de l’AFP un membre du cabinet de Manuel Valls. «Contrairement à la politique menée par le précédent gouvernement, aucune population n’est ciblée pour elle-même, il n’y a plus de 'politique ethnique' en France», a-t-il également insisté.
Quant aux campements illicites, «au-delà des polémiques, un consensus fondé sur une réalité de terrain difficile» existe et «des élus de gauche comme de droite réclament (leur) évacuation, face à la demande pressante et légitime des populations, comme notamment à Villeneuve-d’Ascq, à Lille et à Lyon», a noté l’Intérieur.
Des critiques se sont élevées à gauche ces derniers jours, le mouvement écologiste EELV estimant que les démantèlements de campements «contredisent brutalement une des promesses» du président Hollande, et le Nouveau Parti anticapitaliste affirmant que la «chasse aux Roms» continue dans «la plus sordide des traditions sarkoziennes».
«Tempérance et fermeté»
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