Disparition . Écrivain, scénariste et essayiste, ce maître américain de la provocation, auteur notamment d’«Un garçon près de la rivière», est mort mardi, à 86 ans.
L’Amérique a perdu son plus fameux enquiquineur. Gore Vidal était comme un «taon», qui venait, à intervalles de moins en moins fréquents, voleter et piquer la mauvaise conscience de ses compatriotes ; l’image est revenue souvent dans les hommages rendus hier par les critiques américains. L’écrivain, essayiste et provocateur en série est mort à 86 ans, mardi, dans sa villa de Los Angeles, des suites d’une pneumonie.
«Talisman».«Il présidait avec une certaine délectation à ce qu’il considérait comme la fin de la civilisation américaine», a bien résumé le New York Times. Même Barack Obama ne trouvait plus grâce à ses yeux : après avoir salué l’élection en 2008 de «la personne la plus intelligente depuis longtemps à ce poste», Gore Vidal jugeait dès 2009, dans une interview au Times de Londres, sa présidence «terrible», tout particulièrement en Afghanistan : Obama «ne comprend rien aux affaires militaires», fustigeait Gore Vidal, lui-même fils d’officier, né à West Point, l’académie militaire où son père était enseignant. Obama considère l’Afghanistan «comme un talisman magique», croyant qu’il lui suffit de résoudre le problème afghan pour «résoudre le terrorisme», mordait l’essayiste.
Mais ce n’est rien encore au regard de ce qu’il réservait aux républicains : leur «mentalité est basée sur la haine, haine religieuse, haine raciale, comme les Jeunesses hitlériennes». «Quand vous, les étrangers, entendez le mot "conservateur", vous songez à de gentils vieux messieurs qui chassent le renard. Ce n’est pas cela, ce sont des fascistes»,expliquait-il dans la même interview au Times. Plusieurs années auparavant, il avait aussi pris la défense de Timothy McVeigh, l’auteur de l’attentat qui avait fait 168 morts à Oklahoma City en 1995, avec qui il a correspondu pendant trois ans, jusqu’à son (...)
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