Leurs quartiers généraux ne sont distants que de 3 kilomètres, dans le canton de Zoug. Sur place, pas l’ombre d’une mine, mais une ressource qu’exploitent les deux groupes avec gourmandise : la clémence fiscale. Glencore, premier trader mondial de matières premières, et Xstrata, cinquième groupe minier de la planète, ont confirmé jeudi être en discussion pour une fusion qui créerait le numéro 3 mondial du secteur. Un géant dont la capitalisation boursière pourrait atteindre 106,5 milliards de dollars (80 milliards d’euros) pour un chiffre d’affaires stratosphérique de 228 milliards.
Nébuleuse. A la Bourse de Londres, où les deux entités sont cotées, Glencore a jusqu’au 1er mars pour formaliser son offre. L’information a réjoui les marchés. Depuis des années, Ivan Glasenberg, le Sud-Africain mutique qui dirige Glencore, cherche à s’emparer de Xstrata dont son groupe détient déjà 34%. Combinés, les deux holdings arriveraient derrière l’anglo-australien BHP Billiton et son compatriote Rio Tinto (122 milliards).
Mais le véritable intérêt de l’opération réside ailleurs. La nébuleuse Glencore sera-t-elle contrainte à se dévoiler ? Depuis son entrée en Bourse en mai, le trader helvétique n’a pas ouvert les vannes de la transparence. La multinationale reste l’une des firmes les plus secrètes de la planète. On l’accuse de pratiques scandaleuses dans les pays du Sud, où se trouvent les ressources de matières premières qu’elle fait circuler ? Pour se défendre, elle se tait.
En dix ans, le chiffre d’affaires de Glencore est passé de 28 à 145 milliards de dollars. La compagnie tient la moitié du marché mondial du cuivre, 60% de celui du zinc, 45% de celui du plomb, etc. Elle tient surtout entre ses mains le destin de pays entiers comme la Zambie avec les mines de cuivre par exemple. Dans le monde, seuls 2 700 personnes travaillent pour Glencore, la plupart confortablement installés devant un écran.
En reprenant Xstrata - une société issue de Glencore lancé en 2002 - (...) Lire la suite sur Liberation.fr
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