En rachetant International Power, le franco-belge espère profiter de la croissance des pays d’Extrême-Orient.
GDF Suez s’offre un passeport pour la croissance. D’ici à la fin du mois, l’énergéticien franco-belge va boucler le rachat total du britannique International Power (IP), qu’il contrôle depuis l’an dernier. Les actionnaires minoritaires (30% du capital) ont accepté jeudi de céder leurs parts pour 8,5 milliards d’euros. Si le PDG de GDF Suez, Gérard Mestrallet, signe ce gros chèque, ce n’est pas pour les charmes électriques de l’Angleterre, mais plutôt pour les «actifs d’IP dans les pays émergents», en particulier en Asie. En espérant que la fusion dopera le groupe dans cet eldorado énergétique qui ne pèse pour l’instant que 8% de son chiffre d’affaires.
GDF Suez n’a pas le choix. Le marché lui fait payer son ancrage dans le Vieux Continent en crise, avec une chute de 33% du cours de l’action sur un an. Et International Power, qui représente uniquement la production d’électricité hors Europe, vaut presque autant en bourse que l’ensemble du groupe ! «Il faut aller chercher la croissance là ou elle se trouve», a lancé Gérard Mestrallet la semaine dernière, lors de sa tournée asiatique.
Chaotique. Les chiffres donnent le tournis. Pour alimenter leur insolente croissance, la Chine et ses voisins devront construire pour 300 milliards de dollars de centrales électriques en dix ans (240 milliards d’euros). Venu à Bangkok coprésider le Forum économique mondial Asie (le Davos local), Mestrallet a plaidé en faveur de l’ouverture de ce marché au privé : «La prise en charge d’un tiers [des 300 milliards] permettrait aux Etats de renforcer leurs efforts en faveur de l’emploi, la santé et l’éducation.» Et représenterait un énorme gâteau à conquérir pour GDF Suez, premier électricien non nucléaire mondial.
Les centrales chinoises restent, par exemple, fermées aux étrangers. Mais le groupe pousse ses pions partout où c’est possible. Il vient d’inaugurer deux centrales de (...)
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