Dérapage . La droite a dénoncé le satisfecit accordé à Marine Le Pen par le ministre de la Défense.
Devant le bureau politique de l’UMP, Gérard Longuet a tenté, hier, de s’expliquer sur sa dernière sortie. Dans un entretien paru le matin dans l’hebdomadaire d’extrême droite Minute, il soulignait cette «différence notable» entre Marine Le Pen et son père : le fondateur du FN «n’a jamais pu résister au plaisir des provocations», tandis que sa fille «ne souffre pas de ce handicap». Avec elle, «pas de "Durafour crématoire" et autre "détail"». Cela fait de la patronne du FN «un interlocuteur» avec qui «il sera désormais possible de parler de sujets difficiles» parce qu’il «n’est pas disqualifié».
De Jean-Pierre Raffarin à Alain Juppé, ces propos ont été condamnés par la plupart des dirigeants de la majorité.
Piteux, Longuet a expliqué à ses amis qu’il avait effectivement accordé cet entretien, qu’il a négligé de relire, à un journaliste de sa connaissance qui lui avait annoncé que Minute appelait à voter pour Nicolas Sarkozy.
Cofondateur, dans les années 60, du groupuscule d’extrême droite Occident, Longuet a cru bien faire en se montrant bienveillant vis-à-vis du FN de Le Pen fille. En quelque sorte, un échange de bons procédés. «Une imprudence», a-t-il concédé hier. Ministre de la Défense pour quelques jours encore, Longuet s’apprête à terminer sa carrière au Sénat, où il devrait retrouver son fauteuil dans quelques semaines.
Paradoxalement, il s’est affiché, lors de la campagne présidentielle, avec l’aile centriste de l’UMP, à l’opposé des thèses défendues par la Droite populaire. Mal à l’aise avec le discours sur les frontières développé par le candidat Sarkozy, il a participé, vendredi, au meeting du Mans, entre François Fillon et Pierre Méhaignerie, respectivement gaulliste social et chrétien-démocrate. Quelques jours plus tôt, il était en Lorraine, sa région, à Woippy. Avec Fillon, là encore. A aucun moment, il n’a été question, lors de cette (...)
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