Le «AAA» de la France ne tient plus qu'à un fil.Lundi, Standard & Poor's a mis la note française sous surveillance négative, comme celle de cinq autres pays de la zone euro, dont l'Allemagne. Pour le consultant indépendant Norbert Gaillard, auteur des Agences de notation aux éditions La Découverte, il sera très difficile pour l'Hexagone de conserver sa note. Une dégradation a même bien des chances d'arriver d'ici la fin de l'année.
La perte du «AAA» par la France vous semble-t-elle inévitable?
Il y a une très forte probabilité que la dégradation de la note française intervienne d'ici la fin de l'année. S&P a indiqué dans son rapport qu'elle essaierait de prendre position le plus rapidement possible après le sommet européen du 8-9 décembre. Chez S&P, la probabilité de dégradation après une mise sous surveillance négative est de 70%. Dans 30% des cas, il y a confirmation de la note avec un retour à la perspective stable. Mais nous sommes dans un scénario de conjoncture très défavorable.
Qu'est-ce qui permettrait à la France de sauver sa note?
Beaucoup devra être fait lors du sommet européen de cette fin de semaine pour éviter la dégradation. Cela passe par un rôle plus actif de la BCE, ce que les Français défendent mais que l'Allemagne refuse. Il faudrait aussi arriver à un grand accord sur ce que sera le fonctionnement de l'Union européenne et de la zone euro dans les mois et les années à venir. S&P insiste beaucoup sur le blocage politique au niveau européen.
C'est donc autant la situation financière que politique qui inquiète?
Oui. Dans les grands critères utilisés par les agences, il y a notamment la situation politique et la liquidité (la capacité ou non d'un pays d'emprunter sur les marchés à des taux suffisamment bas). Sur ce dernier point, je trouve que S&P est assez sévère (...) Lire la suite sur 20minutes.fr
Brésil: croissance nulle au troisième trimestre
Airbus: 1.378 commandes nettes à fin novembre, 10 annulations pour les A380
Avertissement de S&P, les experts réagissent aussi: «Ce n'est pas une surprise»
Sondage: Pour 54% des Français la perte du «triple A» serait grave



3 commentaires