Le Président, qui veut normaliser les relations avec le continent africain, a reçu ses homologues sénégalais, guinéen et gabonais.
Un président «normal» peut-il avoir une politique africaine normale ? C’était l’intention affichée par François Hollande durant la campagne, et c’est ce que répète aujourd’hui son entourage. «L’Afrique doit être traitée comme n’importe quel autre continent, telle l’Asie ou l’Amérique latine», explique un haut responsable à Paris. Mais l’Afrique est-elle vraiment un continent comme les autres pour la France ?
La «semaine africaine» de François Hollande, qui s’achève aujourd’hui par un entretien avec le nouveau président du Sénégal, Macky Sall, prouve qu’il n’en est rien. En quelques jours, outre le tombeur d’Abdoulaye Wade, le chef de l’Etat français aura reçu son homologue guinéen, Alpha Condé ( Libération du 4 juillet), et le Gabonais Ali Bongo.
C’est la visite, hier, de ce dernier qui a suscité des remous, jusque dans les rangs de la gauche. Les ONG engagées de longue date dans la lutte contre la face sombre des relations entre Paris et ses anciennes colonies ne décolèrent pas. «A la septième semaine de son mandat, ironisent notamment Survie et Greenpeace, le président de la République a courageusement choisi le Gabon, pays symbolique des dictatures de la Françafrique, pour donner l’impulsion à sa nouvelle politique ferme et ambitieuse…»
Accointances. «Cet entretien se fait à la demande d’Ali Bongo», affirmait-on à Paris, quelques jours avant la rencontre - la première du genre entre les deux hommes. Ali Bongo, soulignait-on de même source, s’était déjà manifesté au moment du sommet de Rio, le mois dernier, mais «l’agenda surchargé» de François Hollande n’avait pas permis d’organiser un rendez-vous. Idem pour les présidents du Congo-Brazzaville, Denis Sassou-Nguesso, et de Guinée-Equatoriale, Teodoro Obiang Nguema, qui, eux, ont été priés de bien vouloir patienter encore un peu. Tous deux, à l’instar du Gabon de Bongo, sont visés par la (...)
Repères. Hollande et l'Afrique
Exit la Coopération, place au Développement
L’Élysée menace de boycotter Kabila
Syrie, l’espoir du tournant
Georges Zimmerman remis en liberté sous caution


