A moins d’un mois des législatives, Jean-François Copé et François Fillon, qui a encore dénoncé jeudi «l’hypocrisie» de son rival, sont désormais en guerre ouverte pour le contrôle de l’UMP dans la perspective de la présidentielle de 2017.
C’est l’ancien Premier ministre qui a lancé mercredi les hostilités, sans attendre les élections législatives des 10 et 17 juin.
Dans une interview au Figaro Magazine, il a ouvertement contesté l’autorité du secrétaire général du mouvement en regrettant que «depuis le départ de Nicolas Sarkozy, il n’y (ait) plus, à l’UMP, de leader naturel».
Souvent secret sur ses intentions, François Fillon a fait un pas très clair vers une candidature à la présidence du parti, un poste «gelé» pendant le bail élyséen de Nicolas Sarkozy et qui doit être remis en jeu dans quatre à six mois.
Surpris que François Fillon sorte du bois aussi vite, Jean-François Copé, qui se présente en «chef de guerre» à l’approche des législatives, a répliqué en invitant «tous (ses) amis de l’UMP» à «la sagesse» et à ne «se mobiliser que pour les législatives».
«Quelle hypocrisie enfin !», a répliqué l'ancien Premier ministre jeudi matin sur RTL.
«C’est une évidence (...) Nicolas Sarkozy manque à l’UMP, c’est lui qui a très largement construit le succès de cette formation politique et il y a un vide depuis son départ que personne ne peut nier», a argumenté François Fillon, candidat aux législatives à Paris. Jean-François Copé n’a d’ailleurs pas été élu par les militants, relevait-on dans l’entourage de François Fillon.
Dans le camp Copé, on estime plutôt que l’ancien Premier ministre a dégainé trop vite, au risque de mécontenter des militants et cadres qui rêvent d’une revanche au «troisième tour» des législatives.
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