Des clichés, des idées fades, une esthétique molle, un savoir-faire gentillet … Voilà sans doute ce qui explique que Sidi Larbi Cherkaoui fasse carrière. Tout est chez lui tellement insignifiant, dépourvu d’aspérités, sans originalité, que ses spectacles offrent le profil de parfaits produits de supermarché culturel. Insipides, incolores, inodores, ils passent partout, n’offensent que l’intelligence et flattent peut-être les naïfs qui voient là des ouvrages à leur portée…
Médiocrité du goût
Ce n’est d’ailleurs pas tant l’insignifiance de Cherkaoui qui fait frémir, mais bien l’inquiétante médiocrité de goût des programmateurs qui l’invitent sans vouloir ou pouvoir réaliser l’inanité décorative de son travail. Ou celle du public qui lui réserve un accueil si complaisant. C’est la mollesse des esprits qui s’accommodent de propositions si minces et semblent s’en délecter.
Danse contemporaine académique
Consensuelles, aimablement médiocres, sans grand caractère, ne heurtant personne : voilà donc le secret des productions de Cherkaoui. Voilà sans doute ce qu’il faut aujourd’hui à un public adepte d’une danse contemporaine devenue aussi académique et décervelée que la mauvaise danse classique qu’elle "combattait" naguère. La révolution chorégraphique lancée au XXe siècle par des artistes de génie profite aujourd’hui aux nains qui leur succèdent, à l’image de la Révolution française trouvant son épilogue bourgeois dans la politique de Guizot sous la Monarchie de Juillet.
Dans les rayonnages de la danse flamande
Cherkaoui, (...)
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