Comme à Villeurbanne hier, les évacuations se multiplient. Pourtant, les associations notent une évolution au ministère de l’Intérieur.
La place Charles-de-Gaulle à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) n’apparaît pas sur Google Maps. C’est une place en terre battue au centre de plusieurs dizaines de cabanes en planches et bâches plastique. A l’intérieur, il y a généralement un lit pour les parents, un autre pour les enfants, un poêle à pétrole, parfois. Il y a des allées nettoyées et une place au milieu des baraquements, la place Charles-de-Gaulle donc, «hommage à la France». Un campement de Roms à l’ombre de la cité Gagarine et en contrebas de ligne C du RER, à deux pas du centre-ville. Ils se sont installés ici après l’incendie de leur camp. Ils sont plus de 200, dont une majorité d’enfants.
A Ivry, démarche plutôt rare, la mairie communiste leur fournit un minimum de soutien logistique pour contenir la misère. Ils ont de l’eau et des bennes à ordures. Un collectif d’habitants très présent les accompagne, notamment pour les soins et la scolarisation des enfants. Dans quelques mois, un an au plus tard, ils devront quitter ce terrain, qui doit accueillir un projet de logements sociaux. Les enfants seront à nouveau déscolarisés. Les baraquements à reconstruire ailleurs. Sacha Kleinberg, membre du collectif de soutien, se désespère :«Quand on sait la difficulté que cela représente d’arriver à mettre ces enfants à l’école, il y a de fortes chances que, déplacés une nouvelle fois, ils ne retentent plus.» Il ajoute : «Déplacer des gens n’est pas une politique.»
Il ne se passe pourtant plus un jour sans qu’un campement ou un squat ne soit démantelé par la police dans les principales agglomérations françaises. Conformément à ce qu’a annoncé le 25 juillet Manuel Valls, qui veut faire appliquer les décisions d’expulsion prononcées par la justice. Selon le ministère de l’Intérieur, «ces démantèlements doivent se faire en concertation avec les élus locaux et les associations». Dans la (...)
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