Les réformes d'austérité espagnoles,
linogravure de © Benjamin Baret ®
C'était une foule gigantesque qui défilait hier dans toutes les villes d'Espagne. Plus de 1 million en tout selon les syndicats, 300 000 selon la police. Les Espagnols durement frappés par le chômage (la moitié des 16-24 ans, le quart de la population active.). Ils manifestaient contre une nouvelle réforme du travail.
Voilà ce que tous les médias de masse ont dit, sans aller plus loin. Mais quelle est la cause de cette « grogne », comme diraient les JT, faisant ainsi passer les mécontents pour des cochons, dont le grognement est le cri ?
Pourquoi les Espagnols « grognent »-ils comme des cochons ? Parce qu'un "décret-loi" a été adopté par le gouvernement conservateur, sans passer par la case Assemblée. Mais outre la forme dictatoriale de cette mesure anti-chômage et anti-crise, c'est le contenu de cette révision du code du travail qui est mise en cause.
Voila ce que contient cette réforme-là : En gros :
-Elle facilite le licenciement :
-la durée d'indemnisation maximale passe de 42 à 24 mois. Le chômage est accordé à valeur de 33 jours par année travaillée, contre 45 auparavant.
-promotion du licenciement économique : les entreprises peuvent virer leurs employés à hauteur de 20 jours par année travaillée, pendant un an maximum (quel est le minimum ?) si l'entreprise enregistre 9 mois successifs de baisse de salaire.
-suppression de la négociation avec les syndicats pour un plan de licenciement, car cela entraînait trop d'indemnisations complémentaires.
Ainsi, les entreprises auront moins de scrupules budgétaires à virer leurs employés. Mais cette réforme vise à diminuer le chômage ! Si, si ! C'est ce que le gouvernement espagnol a dit ! Autant soigner les banques en leur donnant de l'argent...
-Elle invite à une précarisation illimitée :
-Les CDD peuvent être enchaînés par un même salarié sans limite maximale.
Grâce à (...) Lire la suite sur agoravox.fr
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