L’Economie sociale et solidaire n’est pas une illusion. On la trouve dans des myriades d’initiatives : consommation responsable et commerce équitable, agriculture paysanne et produits biologiques, service aux personnes âgées et à la petite enfance, insertion professionnelle, accès à la santé, au logement, éco construction, recycleries, finances solidaires etc. Sous des formes très diverses, elles ont des traits communs essentiels : un projet économique dont la finalité n’est pas le profit mais l’utilité sociale, une échelle de rémunération décente, une gouvernance démocratique et une dynamique de développement fondée sur un ancrage territorial et une mobilisation citoyenne.
Leur capacité de réagir aux effets de déstabilisation, d’injustice, de destruction d’une économie engagée dans une course effrénée vers le profit, est de mieux en mieux reconnue. Les média, les décideurs les citent en exemple mais sur un mode mineur ; ils les jugent complémentaires, ils ne les mettent pas au cœur du système. Ils les placent dans l’économie « micro », à la marge, loin des chiffres astronomiques de la haute finance qui les intéresse. Ils ne voient pas ce qu’elles représentent dans le quotidien des gens, dans le développement des territoires et comment elles sont ainsi les prémices d’une économie plus respectueuse de l’être humain et de la nature.
Au surplus, l’opinion imprégnée de l’idéologie et la performance comptable, habituée aux solutions manichéennes, (la rigueur contre le laxisme, la mondialisation contre le protectionnisme, la sécurité contre les immigrés…) adhère mal à des réponses qui conjuguent l’économique et le solidaire, la croissance et la décroissance, la mondialisation et l’économie locale, et qui jettent un nouveau regard sur la richesse et la démocratie. Enfin, l’ESS fragmentée entre des activités très diverses n’apparaît pas encore comme un ensemble constituant une force politique. C’est à ce manque de crédibilité que nous souhaitons répondre à Grenoble en (...) Lire la suite sur Liberation.fr
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