Au bout de neuf mois d’instruction passés sur la défensive, le député-maire UMP de Draveil (Essonne), Georges Tron, mis en examen pour viols en réunion et agressions sexuelles, passe à l’offensive. Tandis que la seconde plaignante Eva Loubrieu, 37 ans, ancienne employée municipale licenciée en 2009 pour détournements de fonds, doit s’expliquer aujourd’hui même devant les juges d’Evry sur ses contradictions apparues au fil de l’enquête et sur ses accointances avec l’extrême droite locale. Sur un enregistrement pirate révélé par les Inrockuptibles, Eva Loubrieu, qui a été piégée, prétend en effet : «J’ai toute la machine du FN derrière moi […]. Ils m’appellent tous les jours.»
Chaperons. Sa «coéquipière», Virginie Faux, a déjà dû répondre, le 2 novembre, d’erreurs ou d’invraisemblances dans les scènes de viol qu’elle impute à Georges Tron et à son adjointe à la culture, Brigitte Gruel (lire ci-contre). Les deux magistrats ont fini par lui poser des questions qui trahissent leurs doutes : «Avez-vous demandé à d’autres personnes de travestir la vérité ?» ; «Si vous avez des difficultés de mémoire, comment croire les choses que vous affirmez ?»
Dans ces «incohérences» des plaignantes et ces rendez-vous avec des chaperons de son opposition, Georges Tron a trouvé matière à se refaire une virginité et à étayer sa théorie du complot politique. Cet adepte de la réflexologie plantaire, qui nie avec constance et énergie tout abus sexuel, ne supporte même plus qu’on lui attribue une érotomanie liée aux pieds.
Aux deux plaignantes ayant dénoncé un «rituel» préalable à de supposées pénétrations digitales - «ça commence toujours par les caresses de pied» -, Georges Tron oppose désormais une expertise psychologique n’ayant détecté chez lui «aucun élément d’organisation perverse tel le fétichisme du pied». Pour son avocat, Olivier Schnerb, qui a «détricoté» le dossier «ayant basculé en sa faveur», la «machination» aurait été organisée par les adversaires locaux de Georges Tron (...) Lire la suite sur Liberation.fr
«J’ai des problèmes de mémoire»
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