Richard Descoings, le patron de Sciences-Po Paris, est dans la tourmente. La décision de supprimer, à partir de 2013, l’épreuve de culture générale au concours d’entrée a provoqué une levée de boucliers contre ce qui est perçu comme un mépris de la culture. Les révélations du site Mediapart sur sa rémunération et ses superbonus ont également égratigné l’image d’un homme déjà régulièrement contesté. Il s’explique sur ces questions.
Pourquoi avez-vous décidé de supprimer l’épreuve de culture générale ?
Ce n’est pas moi qui l’ai supprimée. C’est le conseil d’administration de Sciences-Po qui, après trois séances de délibération, a voté pour modifier le contenu du concours. Qu’avons-nous décidé ? Que l’histoire serait la principale discipline où les candidats devront faire la preuve de leurs connaissances et de leur réflexion. La deuxième épreuve obligatoire est, au choix, littérature et philosophie - avec un commentaire de texte -, une épreuve de sciences économiques et sociales - faisant appel à la rigueur et au raisonnement -, ou de mathématiques - les humanités sont scientifiques. Le conseil a aussi baissé le coefficient de l’épreuve de langue et supprimé la note éliminatoire - le quart des candidats chutait dessus. Ensuite, on a systématisé un oral d’admission. Au-delà de la motivation, on va plutôt juger la capacité de discernement. Ce sera un oral de culture au sens large. On a enfin ajouté un oral de langue. Dans les générations actuelles, l’apprentissage passe par la musique et la parole au moins autant que par le lycée et l’écrit. Cela permettra à des jeunes de montrer qu’ils s’expriment bien à l’oral même s’ils sont mauvais à l’écrit.
Le fait que l’épreuve de culture générale soit discriminante socialement n’est pas entré en ligne de compte ?
La raison principale est que nous voulons revenir aux fondamentaux enseignés au lycée. L’épreuve de culture générale avait tout son sens quand on avait 20% de bacheliers qui partageaient des références communes. (...) Lire la suite sur Liberation.fr
«La culture générale n'est pas un simple vernis»
Richard Descoings. Repères
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